Je tiens à préciser que mon visionnage du film a été suivi d’une rencontre avec Olivier Peyon, le réalisateur -qui ma foi m’a été tout à fait sympathique- de Tokyo Shaking.
L'histoire se déroule en mars 2011 à Tokyo avec en toile de fond l'accident nucléaire de Fukushima. La sortie était prévue en mars 2021 pour les 10 ans de la catastrophe, mais a dû être repoussée de plusieurs mois à cause de la crise sanitaire. Cocasse n’est-ce pas ? On veut capitaliser sur la commémoration/anniversaire d’un évènement tragique et on est bloqué par un autre évènement tragique. L’histoire se répète apparemment…
Selon Olivier Peyon, le film est tiré d’une histoire vraie qui a été romancé pour les besoins du film.
Romancé, c’est une certitude. Mais l’écho à l’actualité reste prégnant quant à mon expérience devant ce film. À contexte particulier, point de vue particulier.
Les connaissances du spectateur moyen de 2021 en ce qui concerne l’évolution de la tragédie de Fukushima aiguillent nécessairement son regard. Les personnages ne savent pas comment va évoluer la situation. Nous, oui. Tout cela infuse une forme de second degré à certaines répliques.
Le fonctionnement du film, à partir du moment où le raz de marée frappe les côtes nipponnes, est assez simple. Dès lors, certains personnages font s’avérer (légitimement) alarmant au sujet de la dangerosité de la catastrophe. Face à cela, les « la situation est sous contrôle », « rien de grave, c’est juste de l’hydrogène » sonnent ironiques, déconnectés de la réalité de la situation.
Toujours d’après ses dires, lui et son scénariste sont restés au Japon pour travailler sur le film. L’idée est donc, d’après moi, de livrer une vision, la plus fidèle soit-elle, de la société japonaise. Je dirai même plus, livrer une vision de la société japonaise en temps de crise. Et de confronter cette vision à celle d’une expatriée française. Qui bosse dans une banque qui plus est.
De fait, le film tourne en rond mais c’est compréhensible, c’est le jeu des catastrophes : l’urgence, toujours l’urgence. Forcément, on prend des décisions qui se contredisent, on est sous pression, on perd la raison.
C’est comme un COVID qui se répand, la pandémie se fait dans les cerveaux des citoyens apeurés. Les mouvements de foules que l’on veut éviter ont quand même lieu. C’est la merde noire et au milieu du chaos, des humains essaient de survivre, de s’organiser au mieux.
Dans ces conditions, difficile de faire des choix. Difficile de raison garder.