Tous les films se passant en Belgique ou dans le Nord de la France sont pareils. Soit il pleut, soit il fait gris. Les gens sont pauvres. Ils s'ennuient. Ils trimballent avec eux une espèce de spleen sans idéal, d'usure de la vie. C'est un peu déprimant. Je ne suis pas nordiste mais quand même. Je doute qu'ils soient tous comme ça.
Torpédo ne fait pas exception à la règle. On a un type à moitié chômeur. En fait, il vend des poêles sur des marchés. Il vivote tout seul dans son camping-car. Il vit au jour le jour. Pourquoi pas au fond ? Pourquoi forcément tout prévoir jusque dans les moindres détails ? Il embarque dans sa quête Audrey Dana qui enchaîne les colères et les rires avec virtuosité. "Tu as vu la tête de ton gosse ? A ta place, je ne la ramènerai pas". Cette réplique m'a tué et c'est loin d'être la seule. Car François Damiens aussi montre qu'il est loin de ne savoir jouer que les grands escogriffes. Il sait faire preuve aussi d'émotion via les relations houleuses avec sa famille ou ses souvenirs d'enfance et ce n'est pas quelque chose que je soupçonnais de lui au départ.
Et si le plan final montre naïvement un petit coin de ciel bleu, c'est que tout compte fait, tout est possible. Renouer avec une ex. Rencontrer tout un tas de gens bizarroïdes dans des magasins, des bars ou des stations-services. Des rencontres, quoi. Ce qui fait le sel de la vie et la vaut d'être vécue.