Une bonne idée de la part de l'éditeur que de réunir El et La vie criminelle d'Archibald de la Cruz. Car si les deux films ne se ressemblent pas tellement, ils ont en commun de pointer une crise de la masculinité, dans un univers fabriqué par des hommes pour des hommes. Ces personnages de Bunuel sont bien implantés dans la société, mais ne s'y sentent pas réellement à l'aise, car la virilité qu'ils affectent n'est qu'une façace. Au fond, les femmes, ils ne savent pas trop comment réagir avec, et leur assurance cache un mal-être : ils sont victimes comme les femmes, mais pas de la même manière. Car si la femme en butte à la haine simplement à cause de son sexe est tragique, elle qui n'a rien demandé, l'homme n'est victime que de lui-même et ne peut être que ridicule.
Et donc, pour surmonter cette crise il leur faut un bouc émissaire, et qui de mieux placée pour ce rôle que la femme? Voilà pourquoi le personnage de El se montre si jaloux, et si agressif, criminel. Tout le monde l'admire, mais lui voit à ses rivaux les avantages dont il est dépourvu.
Construit comme un thriller, El se regarde avec plaisir, bien que mon esprit cartésien m'ait obligé à me dire que quand même, la femme en supporte beaucoup pour revenir toujours malgré tout. Faut-il qu'elle aime son mari!