Si l’ouverture et le démasquage de ses faux hommes rappellent l’inversion saisissante des Garçons sauvages (Bertrand Mandico, 2017), qu’un trouble amoureux naît entre deux femmes sans que l’une d’elles ne soit informée de l’identité véritable de l’autre, proche de Some Like It Hot (Billy Wilder, 1959), que la mythologie conçue par Alexandre Dumas soit revisitée à partir des codes du western spaghetti – une musique inspirée des partitions d’Ennio Morricone, des crash zooms à n’en plus savoir compter ! –, Toutes pour une ne réussit jamais à se hisser au niveau de ses références, refuse la transgression véritable au profit d’un vernis aguicheur des plus superficiels. À quoi bon désexualiser les seins si c’est pour sélectionner les modèles et jouer de la suggestion ? à quoi bon dénuder et déviriliser les hommes si c’est pour qu’ils se battent les mains cachant honteusement des parties de toute façon censurées par cache interposé ? pourquoi introduire une romance entre d’Artagnan et la reine si c’est pour qu’elle se solde par un baiser fugace que l’on peinerait à qualifier de baiser ? La réalisatrice doit visiblement composer avec des contraintes en totale opposition avec sa démarche ; en résulte une production paradoxale qu’invalide un scénario dépourvu d’enjeux et que charcute un montage dont l’illisibilité n’a d’égale que sa laideur. Les comédiennes exagèrent une parole wesh que l’intrigue ne justifie jamais : le premier degré écrase toutes les tentatives comiques, ne laissant que gêne et longueurs. Un ratage.