Traces
6.6
Traces

Film de Tiago Guedes (2022)

Poids ignoble des rites et traditions.

Assurément un film audacieux et pas facile à défendre.

Il faut dire qu’il n’y a aucune morale et on est finalement envahi d’une terrible tristesse.


Pour résumer. Le long métrage présente la vie en quasi autarcie d’un village rural Portugais, où une tradition veut que pour sceller le passage à la vie d’adulte, les jeunes garçons doivent houspiller, effrayer et harceler jeunes filles et population plus ou moins pour de faux.

Le ‘’plus ou moins pour de faux’’ est ce qui pose problème, car excité par certains adultes et sous couvert de déguisement qui les rends méconnaissables, un tel rite dérape et blesse à vie (physiquement et surtout psychologiquement) le héros ‘’Laureano’’. Celui-ci sera irrémédiablement classé comme fou, pauvre type et infréquentable dans sa vie adulte qui constitue les deux tiers du film.

Une génération suivante (Laureano et ses anciens ''copains'' sont adultes), les démons du passé se répètent et la communauté qui en apparence avait tiré les leçons des erreurs du passé, répète les mêmes écueils avec encore plus de non-dits, de machiavélisme et de petits arrangement sordides.


Cette répétition de la violence et la froideur associée est ce qui est le plus dérangeant dans ce film. Et donc constitue l’audace du réalisateur comme énoncée au début de ma critique.


La mise en scène est volontairement minimaliste pour renforcer l’effet d’autarcie du village et de la population. Le modernisme (éoliennes, gros pick-ups, beaux habits) masquent un temps seulement le fait que les mentalités n’ont que peu évoluées. L’atmosphère reste oppressante malgré le saut d’une génération. Les gens ne parlent pas, ou sous couvert du secret. Les non-dits et faux-semblants sont omniprésent.

C’est LA force du réalisateur d’installer cette atmosphère qui guide la tonalité du film. Mais bon on n’en sort pas vraiment l’esprit libéré, d’autant que la tension tragique demeure jusqu’à la dernière image.

Ma note sera moyenne (6,5) mais c’est dommage car le film est techniquement bien fait. C’est plutôt le ressenti – je l’avoue - qui a gouverné ma relative ‘’mauvaise’’ note.


Assurément un film à voir mais il faut etre dans certaines dispositions d'esprit !

IRAn
6
Écrit par

Créée

le 19 sept. 2025

Critique lue 125 fois

IRAn

Écrit par

Critique lue 125 fois

D'autres avis sur Traces

Traces

Traces

5

Multipla_Zürn

le 26 févr. 2023

Suivre

Critique de Traces par Multipla_Zürn

C'est un peu La Nuit du 12 en version cinéma d'auteur portugais produit par Paulo Branco. Le cinéaste veut montrer la violence, son étendue, ses ramifications, sa banalité, son inscription dans une...

Traces

Traces

8

Oxalide

le 22 sept. 2025

Suivre
Dernière modification

le 27 sept. 2025

La nausée

Je ne sais pas ce qu'il y a de plus terrible dans ce film : la fin ou avoir vu assez vite la fin arriver, comme inéluctable ? Parce qu'on y croit à la réalité de ce monde rural avec ses relents de...

Traces

Traces

9

Emji92

le 1 sept. 2023

Suivre

Critique de Traces par Emji92

Un manifeste contre les éoliennes dans un pays très venté : engins qui donnent un avant-goût de l'enfer. Bruit assourdissant, esthétique horrible, paysages défigurés, violence absolue.Massacre...

Du même critique

La Lune s'est levée

La Lune s'est levée

7

IRAn

le 29 mars 2026

Suivre

Critique de La Lune s'est levée par IRAn

Un très beau film (un de plus dans les 6 qu'elle a tournés en tant que réalisatrice) de K. Tanaka.Cette femme résolument moderne pour son temps dans le Japon post guerre encore traumatisé et très...

Lissy

Lissy

8

IRAn

le 6 nov. 2025

Suivre

Merveilleuse Lissy

Dans un film parfaitement ciselé, Konrad Wolf, nous montre l'impact de la paupérisation massive de la classe moyenne allemande dans les années 1930 et l'engrenage vers la montée concomitante du...

Chère Louise

Chère Louise

7

IRAn

le 3 avr. 2025

Suivre

Reste démodée, c'est ce que tu as de plus beau ...

Cette réplique du film est d'autant plus vraie en 2025.Le film est ressorti sur Arte. Aimant le jeu et la beauté simple de Jeanne Moreau (mais qui n'aime pas ??) je ne voulais pas rater ce...