Avant de commencer, une précision s'impose: je ne suis pas un anti-Michael Bay... Plus précisément je suis un "anti-transformers" version Bay. En effet, il m'arrive assez régulièrement d'apprécier le travail du metteur en scène, hors de sa dimension "blockbuster de l'été/cinéma à gros spectacle".


En effet, c'est toujours un peu dommage de s'arrêter à des films comme Transformers, Pearl Harbor et Armageddon, connaissant le reste de sa filmo comptant des films bien plus intéressants (bien que toujours aussi beauf, bruyant, déjanté et irrévérencieux, ça reste du Bay) tels que The Rock, The Island, les Bad Boys, Pain and Gain, 13 hour ou Ambulance.


Des films à la démesure et à l'exubérance plus jubilatoire car assumée et cohérente avec le sujet de ces films, de même qu'avec leur démarche expérimentale de l'action... Ce qui n'est pas le cas des Transfomers qui, à l'exception du premier et du quatrième, n'ont jamais réussi à allier SF bourrine et intimisme. Dark of the moon est la preuve vivante de cet échec parce que c'est l'opus le plus "premier degré" dans son intrigue, de même que dans son ton plus "sombre", qui essaie de surfer sur les films de l'ère Georges Bush, post guerre en Irak et post 11 septembre.


Un opus qui, contrairement aux autres, tente de développer des enjeux matures et une ambiance désabusée. L'action prenant place au sein même des places symboliques du pays, Bay tacle les politiques et les business'men encore plus que dans les précédents, montrant que la plupart des catastrophes sont le fruit de la corruption, de l'opportuniste, de la cupidité et du pouvoir.


Au point d'ailleurs d'en devenir gênant dans sa dénonciation, le film reproduisant exactement ce qu'il prétend dénoncer sans le recul critique de ses autres films (en témoigne les nombreux plans aguicheurs sur la copine du héros, alors que Patrick Dempsey cause voiture). On finit par se demander dans quelle mesure le film parle de lui-même, ou se veut sincère.


Comme s'il voulait manger à tous les râteliers pour au final desservir tout le monde. Ce problème est visible dans le montage balbutiant, avec certains passages au fondu au noir immondes ou certains plans à la première personne déconnectés du reste.


Le résultat? C'est un brouillon narratif et visuel indigeste qui démontre le problème de confier une saga aussi calibrée à un auteur excité et aussi fasciné par les US que critique vis-à-vis de ce système.

Aegus
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Créée

le 16 janv. 2026

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