Après Angela Schanelec (Marseille, 2005, un film que j’aimerais beaucoup revoir, tiens) c’est au tour de Christian Petzold, un autre cinéaste allemand, de s’emparer de la ville de Marseille. Malheureusement, dans la rubrique « La voix off ça te plombe un film » Transit aurait une bonne place. Certes, Darroussin a une voix magnifique et l’entendre accompagner des images estaquéennes ravive forcément des souvenirs de films de Guédiguian, mais cette voix, beaucoup trop présente et beaucoup trop dans le décalage (Qui est ce narrateur, se demande-t-on longtemps ? Et pourquoi son timbre est si monotone ?) restera la mauvaise idée du film, à mon avis. Sans doute parce que c’est un film guidé par l’errance et le changement d’identité (En cela on reconnait bien l’obsession de l’auteur de Barbara ou Phoenix) et les silences que ça engendre. Cette voix brise la force des images, leur capacité d’envoutement, d’autant qu’elle est trop explicative. Il n’y a plus vraiment de mystère autour de cet homme et de ses agissements puisque la voix off brise ce mystère, non pas en rendant le discours limpide mais en nous extirpant du cadre et en brouillant davantage les cartes – Duras faisait ça beaucoup mieux, on va dire. Bref, c’est trop bavard. Et ça reste un film de dispositif donc un film qui se repose trop sur son dispositif (L’idée de brouiller la temporalité entre l’Occupation et aujourd’hui, en offrant une parabole un poil maladroite entre réfugiés d’hier et migrants contemporains) jusqu’à reposer son twist final dessus. Et pourtant il parvient parfois à générer de la fascination, au détour d’un plan, un détail, une idée. Et puis ça n’est évidemment pas suffisant, mais Franz Rogowski et Paula Beer y sont excellents as usual. C’est une petite déception.

JanosValuska
4
Écrit par

Créée

le 8 mars 2019

Critique lue 450 fois

Transit

Transit

8

Fêtons_le_cinéma

le 10 nov. 2020

Suivre

Le livre des départs

Undine articule passé et présent par le prisme des maquettes de la ville de Berlin comme pour raccorder l’histoire aux traces qu’il en reste et les récits d’autrefois – l’inscription au fond de l’eau...

Transit

Transit

7

Cinephile-doux

le 1 mai 2018

Suivre

Nous sommes tous des réfugiés

Transit est le film le plus ambitieux de Christian Petzold. Bien davantage que Jerichow, Barbara ou Phoenix. Et déroutant, forcément, avec le choc des temporalités, le Marseille d'aujourd'hui étant...

Transit

Transit

5

D-Styx

le 2 mai 2018

Suivre

Et si les fascistes avaient gagné les dernières élections...

Après Barbara en 2012 et Phoenix en 2014, Christian Petzold livre avec Transit un film de fiction - adapté d'un roman éponyme d'Anna Seghers - d'un avenir pas si éloigné. Devant ce film, impossible...

La Maison des bois

La Maison des bois

10

JanosValuska

le 21 nov. 2014

Suivre

My childhood.

J’ai cette belle sensation que le film ne me quittera jamais, qu’il est déjà bien ancré dans ma mémoire, que je me souviendrai de cette maison, ce village, ce petit garçon pour toujours. J’ai...

Titane

Titane

5

JanosValuska

le 24 juil. 2021

Suivre

The messy demon.

Quand Grave est sorti il y a quatre ans, ça m’avait enthousiasmé. Non pas que le film soit  parfait, loin de là, mais ça faisait tellement de bien de voir un premier film aussi intense...

Classe moyenne

Classe moyenne

2

JanosValuska

le 27 sept. 2025

Suivre

Jeu de massacre.

Laurent Laffite est génial. Laure Calamy merveilleuse. Ramzi excellent. Elodie Bouchez très juste. Les trois plus jeunes font le taf : Noée Abita, sublime dans Ava ; Sami Outalbali & Mahia...