La vengeance est un plat qui se mange froid (pas trouvé de meilleur titre)

Formellement, le film est sans doute le moins travaillé de la trilogie. La mise en scène exploite beaucoup le blanc que le bleu ou le rouge.


C’est une histoire de vengeance. Un polonais émigré se fait larguer de la pire des manières par sa femme et décide, après être rentré au pays, de se venger. Pour cela, il devient un puissant riche et va utiliser son pouvoir contre celle qui l’a abandonné. Si je trouve son plan assez tiré par les cheveux et la mise en scène assez poussive par moment. Je crois que ce qui est raconté, surtout la fin, est sans doute plus touchant que dans Bleu.


La vengeance en elle-même est assez jouissive lorsqu’elle est accomplie. Je n’ai pu empêcher de ressentir un sentiment de satisfaction lorsque la femme, après avoir revu son ex, prétendument décédé, se fait embarquer par la police polonaise pour son prétendu meurtre. Avec Karol, on se dit, enfin elle paye pour ce qu’elle m’a fait. On prend un malin plaisir à voir son visage se décomposer à mesure qu’elle comprend la situation. Tout comme, quelques minutes avant, on a pris du plaisir avec elle pendant son seul orgasme avec Karol. A ce moment-là, on sait aussi ce qu’il va arriver. Que Karol veut l’humilier et savourer sa vengeance et ce n’est pas en lui donnant un orgasme qu’il va le faire.


La fin est parfaitement amère.


Je me dis que parfois, il vaut mieux oublier son ex que de chercher à la revoir à tout prix. Il vaut mieux conserver le goût amer de la rupture que de chercher à planifier une vengeance pour châtier l’être que l’on aime. Il me semble que c’est cela le propos du film, la nécessité, à un moment, d’oublier l’autre pour mieux avancer. Parce que si Karol avance, c’est toujours dans l’optique de sa vengeance. Sans doute, son ex le mérite. C’est une connasse de première. Mais, dans le fond, il se détruit plus qu’il ne la détruit. Les larmes qu’il verse en l’observant à la jumelle dans la prison le démontre. En un sens, le film m’a (un peu) fait penser à Anatomie d’une chute, sur la question de la communication. Karol et sa femme ne communiquent pas, c’est ce qui a détruit leur couple et qui les pousse tout deux, chacun à leur manière, dans une quête vengeresse. Alors que les deux, dans le fond, s’aiment encore.

Adanberos-e
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le 23 janv. 2025

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