Malheureusement, nous n'avons pas eu droit à la suite initialement prévue, TRON : Ascension, qui devait être la suite directe de TRON : L’Héritage. Les studios ont opté pour une approche différente avec TRON : Ares, et là, je dois l'avouer : j'ai beaucoup de mal avec cette logique typiquement hollywoodienne. Quand un film ne rencontre pas le succès escompté au box-office, les producteurs annulent tout, laissent passer quelques années, puis reviennent avec une sorte de « soft reboot » – un semi-reboot qui tente de satisfaire tout le monde. Ils conservent quelques éléments du passé pour flatter les fans, mais ils repartent de zéro. À mon avis, c'est une erreur : soit on s'engage dans une véritable suite, soit on inaugure un tout nouveau départ, pas un compromis bancal.
Cela étant dit, et malgré ce point de départ que je déteste profondément, j'ai trouvé le film… génial. Vu en IMAX 3D, TRON : Ares est un véritable spectacle visuel. Ce n'est certes pas un chef-d'œuvre, mais c'est un excellent divertissement cinématographique, immersif et impressionnant. Les effets spéciaux sont superbes, la direction artistique est soignée, et certaines séquences sont tout simplement époustouflantes sur grand écran.
Cependant, le film m'a un peu déçu par sa musique. Après la bande originale légendaire de Daft Punk pour TRON : L'Héritage, on a ici, des compositions correctes qui accompagnent bien les scènes, mais elles manquent d'identité et de puissance. Rien de vraiment mémorable, ni d'inoubliable ; on est loin de l'impact sonore de « Derezzed » ou de « The Game Has Changed ».
Les références aux deux premiers films sont bien dosées, subtilement intégrées, sans paraître forcées. Cependant, ce statut de « soft reboot » continue de me déranger. On sent que les producteurs hésitent constamment : veulent-ils repartir de zéro ou développer la mythologie existante ? Et la fin du film ne fait qu'amplifier ce sentiment d'ambiguïté, suggérant le possible retour de deux personnages importants de TRON : L'Héritage… alors même qu'ils avaient été supprimés du scénario de ce nouvel opus. On a l'impression d’un double discours : « On passe à autre chose… sauf si c'est rentable, auquel cas on fera revenir tout le monde !». Un choix purement opportuniste, et franchement frustrant.
Malgré cela, je dois avouer avoir passé un excellent moment. TRON : Ares offre une expérience cinématographique spectaculaire, un plaisir visuel indéniable, et prouve que l'univers TRON a encore du potentiel. Je le recommande, surtout à ceux qui souhaitent s'évader un instant dans un grand spectacle de science-fiction.