Une biographie à un moment clé de la vie de cet écrivain américain (Truman Capote…) qui va pondre un « roman-vérité » (sic) sur les deux assassins qui ont massacré une famille entière en 1959. Il les suit jusque dans le couloir de la mort et se lie d’amitié avec l’un d’eux, allant jusqu’à s’attendrir sur le sort de ces « pauvres meurtriers » (sic !). J’ignore si le film suit le livre à la lettre mais ce misérabilisme larmoyant et complaisant de petit intellectuel bourgeois progressiste est à vomir.
Bien sûr, le film est aussi un portrait de l’écrivain lui-même, un dandy au sens de l’humour particulier, du genre qui rit à ses propres blagues, s’enivre de ses flatulences et dispose toujours d’un parterre de mange-boules à ses basques, lesquels se bidonnent à chacun de ses bons mots de peigne-cul dans les soirées mondaines.
Sa présentation et sa façon de parler à la fois maniérées et pédantes en font un membre adulé par la communauté LGBT, un membre des plus distingués qui dénote encore davantage à cette époque la singularité du personnage, également journaliste et ami des stars, cela va de soi. (Cette phrase est certifiée quasi conforme à la doxa progressiste).
D’une lenteur consternante et aussi emprunté que son rôle principal, le film est tout aussi prétentieux et sa lourdeur lourdingue ne fait aucun doute. Ce qui n’empêche pas de saluer la belle performance de Philip Seymour Hoffman, un acteur brillant et d’une grande intensité… qui s’époumone hélas vainement dans ce film de trouducs bobos à la mords-moi-le-noeud.