Dixit A. Césaire (non pas cet A. là).
Ce film a un propos politique et historique, mais il a peu de choses à dire sur le plan artistique. Ça me rappelle un peu Fanon que je viens de voir, sauf que Fanon a beaucoup plus de choses à raconter.
Les scènes qui m’ont marquée. La scène dans le couvent est très forte, avec ces menaces à demi-mot de la mère supérieure ; s’il fallait remonter le film en trois fois plus court, il ne faudrait pas toucher à cette scène tant c’est le cœur du film. Et les deux conversations avec sa femme et avec sa collègue. La première cherche des arguments là où il n'y en a pas ; elle m’aurait poussée à agir à la place de notre héros. La deuxième admet l'horreur et tient qu'il est plus utile de ne pas les affronter frontalement, et ainsi de ne pas risquer de tout perdre face à ces sœurs qui ont le bras long ; elle me paraît beaucoup plus sensée, ce qui me fait froid dans le dos. Et enfin, le sermon dans la chapelle, qui est très court, où ils répètent ad nauseam que Dieu est grand et qu’Il est lent à la colère (dites ça aux premiers-nés d’Égypte et aux victimes du Déluge), et qui me rappelle à quel point les églises sont des lieux d’endoctrinement.
À part ça, je trouve que le film ne va pas beaucoup plus loin que "56000 femmes sont passés par là". Osef total de son histoire personnelle (je pense vraiment être passée à côté de quelque chose sur ce plan là).
C’est donc un 6, la note des films plutôt pas mal mais que je ne conseillerais pas.
Je sais que le Canada a eu ce genre de prisons où on arrache les enfants de leur mère pour les « blanchir », je suis sûre que la France coloniale aussi.
Note pondérée : 6,3