Ugolin reprend là où Manon des sources s'était arrêté : l'eau si précieuse dans ce village isolé est toujours tarie. Les villageois cherchent fébrilement des solutions, et lorsque la science s'avère impuissante, se tourne vers Dieu. Mais en se tournant vers Dieu, c'est le prêtre qu'ils vont trouver, prêtre qui est dans ce volet un personnage singulier et admirablement écrit. Nous suivons son sermon in extenso, en une très longue séquence, et se dessine peu à peu le portrait d'un croyant sincère, soucieux du bien de sa communauté, et s'il prêche bien sûr pour sa paroisse, il se révèle en fait au fur et à mesure d'une très grande perspicacité, et d'une réelle bonté.
Ugolin révèle le crime du personnage éponyme, et pourquoi Manon lui en veut tant. La rédemption et le pardon seront-ils possibles? Comme toujours, les dialogues sont savoureux, chantant dans cet accent du sud, et les personnages magnifiquement croqués. C'est aussi brillant que le soleil qui assèche les sources du village.