L'idée de base, même si complètement abrutie, fonctionne assez bien avec un potentiel à lancer un développement singulier et intéressant. Il est donc d'hommage d'avoir gâché ce point de départ en embranchant du côté de la mégalo-bouffonnerie. Des situations burlesques se prennent trop au sérieux en brassant différents sujets brûlants que sont la dissidence politique, la guerre et les affrontements féministes vs machos pour qu'au final, cette comédie ressemble plus à un show télé des inconnus qu'à une œuvre cinématographique.
Antho Chabite, le créateur principal du jeu est présenté comme l'anarchiste de la bande et il assène un discours anti-système capitaliste de caricature sur un ton paternaliste revêche extrêmement repoussant alors qu'il lance une start-up et cherche du budget pour investir dans un bataillon de drones (complètement contradictoire), tout en se montrant psychopathe dans ses excès qui vont jusqu'au meurtre (s'il est anti-système, il est forcément détraqué).
Son pote (Jacques?), co-créateur, le lâche vu la tournure violente que prend le jeu, il se consacre gentiment à sa relation amoureuse mais son vieux pote Antho massacre la femme de sa vie alors qu'elle est enceinte et il re-retourne sa veste pour devenir le bras armé le plus intégriste du Chabite.
Le film nous emmène vers un futur post-apocalyptique où le jeu du Chabite tient un rôle central dans un affrontement armé entre machistes et féministes. À ce stade, la crédibilité de ce qui nous est raconté est passé sous la barre du zéro pour ne laisser que quelques gags et occasions d'envoyer un peu de gore pour rire. On fini par la contamination de l'élite installée sur une station spatiale (?!), contamination par une version féminine du "Chabite", le "Chaminou".
Typiquement, on est devant un objet qui aurait été un support valable pour de grosses pointures d'acteurs tel que la France en regorgeait dans les années 70's, les Michel Serrault, Bernard Blier, Depardieu, JP Marielle, Jean Yanne, etc. qui arrivaient par leur présence à rehausser n'importe quel base scénaristique délirante ou chelou. Ici, même si les comédien/nes ne font pas mal leur boulot et si quelques gags fonctionnent, ce n'est pas suffisamment porteur pour faire oublier l'imbécilité de ce dans quoi on s'est fait embarquer...