Ce Ultimate Game était plutôt fun et rigolo en fin de compte. Bon d'accord, ce n'est pas constamment le cas. Cependant, à défaut d'être enthousiaste, je suis ressorti du cinéma, satisfait par ce que j'ai vu. En même temps, vu le cinéma (bas du plafond) que propose les réalisateurs depuis leur premier film il serait difficile pour moi d'être dithyrambique. Je comprends parfaitement ceux qui détestent ce long métrage.
Bref, tout ça pour finalement dire que, Neveldine et Taylor ne changent pas de recette, les ingrédients qui caractérisent ce qu'ils ont toujours fait, sont bel et bien présents: ces deux petits merdeux vomissent au spectateur, une oeuvre bordélique, vulgaire, violente et nihiliste. Il y a peut être un élément plus en retrait par rapport à leur derniers opus: l'humour.
L'histoire dépeint un avenir déliquescent où l'éthique à totalement disparu chez beaucoup d'êtres humains. Ce constat évident (et je ne prononcerai pas le terme "critique", puisque j'ai l'impression qu'ils cautionnent ça) est mis en exergue par la création de deux jeux qui sont à mi chemin entre la télé réalité et le jeu vidéo: Slayers et Society.
Le premier se situe dans un champ de bataille, où s'affrontent plusieurs joueurs qui contrôlent à distance de réels prisonniers. Dans l'esprit, c'est une sorte de Gears of War (bourrin, violent et dynamique). Le second est un réseau communautaire graveleux et excentrique, où le pire des pervers peut manipuler un avatar féminin réel, afin d'assouvir ses pulsions sexuelles. Si là aussi je devais faire un parallèle; cet univers saugrenu me fais penser à Second Life.
Comme je l'ai indiqué précédemment, malgré le contexte SF, virtuel et sérieux, les réalisateurs ne changent pas de style, et ça ressemble beaucoup à leurs anciens films. Sauf que dans celui ci, il y a un minimum de fond. Puis, ça tente au moins de raconter (maladroitement j'avoue) quelque chose, contrairement à Crank 1 et 2. Ces derniers ne dépassaient pas le statut d'oeuvres au concept débile mais rigolo. L'intrigue est balisée: un homme innocent veut reconquérir sa liberté et retrouver sa famille. Ce qui rend le duel final décevant (j'ai ressenti une certaine lassitude) mais ça se laisse suivre, avec un soupçon d'indulgence.
Par contre, j'ai vachement adhéré à la mise en scène des séquences d'actions: que ce soit les gunfights où les combats à mains nues, j'ai trouvé ça assez immersif, chaotique (bizarrement c'était lisible pour moi), nerveux et violent comme il faut.
Sur ce point là, c'est dommage que l'histoire ne se base pas uniquement sur le jeu Slayers, je me serai bien plus amusé.
Sinon le casting est sympa, Gerard Butler et Michael C. Hall assurent. Et quelle joie que de revoir la vieille trogne de Keith David, même le temps d'une scène, c'est la classe absolue ce type.
Pour conclure brièvement: Ultimate Game est loin d'être un grand film ou un bon divertissement, mais sur le moment, ça m'a diverti et c'est là l'essentiel.