Ultraviolet
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Ultraviolet

Film de Kurt Wimmer (2006)

Qu'est-ce qu'un bon film ? Est-ce une œuvre qui nous marque profondément au point que ses scènes et ses musiques ne cessent de se balader dans notre tête ? Inspirant la moindre pensée créative, générant l'envie d'aller revoir sur YouTube les passages du film qui nous ont le plus impacté. Un film dont on réécoute la bande originale en revivant les moments forts de l'œuvre tout en imaginant nos propres scènes d'action sur ces musiques fortes en émotions. Un film qui nous donne envie de faire du cinéma.


Si ça, c'est un bon film, alors Ultraviolet de Kurt Wimmer en est un, ou presque.


Ultraviolet est un film que j'ai vu à une époque où j'étais passionné par les nanars. Autant dire que Ultraviolet en est un, mais c'est aussi plus que ça. Y'a des nanars que j'ai trouvés hilarants, mais que je n'ai plus jamais revisionné, car leur intérêt cinématographique est proche de zéro. Y'a des films que je ne recommanderai pas à des cinéphiles, mais Ultraviolet en est un que je recommanderai. Peut-être que le grand public ne s'intéressera pas à un film aux effets spéciaux catastrophiques, à la mise en scène ultra expérimentale et à l'intrigue capillotractée, mais si vous aimez les films qui tentent sincèrement des trucs, qui n'ont pas peur de partir en couille pourvu que ça donne quelque chose qu'on a jamais vu auparavant et qui nous marque, vous saurez trouver la beauté qui se cache dans Ultraviolet.


Le scénario de Ultraviolet n'est pas son point fort, c'est fonctionnel, mais c'est un prétexte pour les scènes d'action, en revanche, il dresse un univers singulier. Des vampires, mais dans un futur cyberpunk. Des vampires traités comme atteints d'un virus contagieux. Des vampires traqués, séquestrés et rendus infertiles. Une résistance se met en place, c'est la guerre, et Violette (jouée par la méga charismatique Milla Jovovich) en fait partie. Malgré sa simplicité, cette histoire délivre un message important : dans la guerre, le seul ennemi, c'est la guerre. En effet, à la fin, Violette va cesser de prendre parti, réalisant que les deux camps sont aussi mauvais l'un que l'autre, que les dommages collatéraux de cette guerre menacent l'avenir, et choisir le camp de la paix entre les deux peuples, et ça, c'est quand même badass !


Mais tout ça on s'en fout. C'est pas l'histoire ni le message qui m'ont marqué dans ce film, c'est la mise en scène !

Avant Ultraviolet, Kurt Wimmer nous avait offert Equilibrium, qui est un de mes films d'action préférés (et je comprends pas les gens qui disent que Ultraviolet est une suite spirituelle à Equilibrium, ça n'a rien à voir !).

Equilibrium, avec une histoire de soulèvement contre un régime totalitaire, brillait par son atmosphère, ses cadrages, ses chorégraphies véritablement uniques dans le paysage des filmsd'action. Dans Ultraviolet, Kurt Wimmer veut aller plus loin. Les scènes d'action sont beaucoup plus ambitieuses, et il y a beaucoup plus d'effets spéciaux, et c'est là que le bât blesse. Le film n'a pas autant de moyens qu'il aimerait en avoir. Dans Equilibrium, le problème était moins visible car il y avait beaucoup plus de scènes en décors naturels qu'en fonds verts, ce qui n'empêchait pas d'avoir quelque plans dégueulasses, comme la scène où le protagoniste redécouvre la vue depuis sa fenêtre. Malgré des effets spéciaux pas terribles, l'émotion était là. Dans Ultraviolet, c'est la cas aussi. Même avec sa débauche de fonds verts ignobles et d'explosions dans tous les sens, l'intensité des scènes d'action reste intact. Quand je vois Ultraviolet, je ne vois pas un film bâclé mais un film qui fait ce qu'il veut malgré les limitations techniques, un film s'affranchit de ses limites. Oui, ça pique souvent les yeux, mais au prix d'une mise en scène dynamique qui décoiffe ! Ce qui n'est pas le cas de cette catastrophe cinématographique qu'est Planète Rouge, qui dans sa scène d'ouverture te balance un déluge d'effets spéciaux aussi beaux que des graphismes de Nintendo DS, tout ça pour quoi ? Pour des plans inintéressants et répétitifs. À l'inverse, Ultraviolet déchaîne sa mise en scène créative ! Les scènes d'action sont vraiment époustouflantes ! Que ce soit le gunfight sans gun sur le toit avec sa musique qui ne fait qu'un avec le montage, et les acrobaties impressionnants de Milla Jovovich, le combat d'épées dans la chapelle (contre des ennemis incroyablement cons) avec ses jeux de silhouettes, le compte à rebours avant la noyade de l'enfant qu'elle veut sauver, mais surtout le combat dans la bibliothèque que j'ai regardé un nombre incalculable de fois sur YouTube. La musique, les chorégraphies, l'éclairage froid et menaçant, putain ça déchire ! Le film enchaîne aussi les trouvailles très intéressantes niveau sémiologie, comme cette scène où Violette change sa combinaison en rouge après avoir saigné, comme si elle devenait la personnification du sang versé dans cette guerre, ou encore cette dualité entre épées et flingues, comme si Violette et Daxus voulaient prouver leur humanité en se battant sans artifices.

Évidemment, tout n'est pas parfait, si le film a un rythme correct, les passages entre les scènes d'action sont parfois un peu longs pour pas grand chose. Les dialogues sont simples sans être géniaux mais le jeu des acteurs est toujours convaincant, quand Milla s'énerve, on y croit !


Ultraviolet, c'est aussi une photographie reconnaissable entre mille. Alors oui, parfois y'a des glissades, j'me demande encore qui est responsable de l'effet de lissage des textures mais il faut le virer tout de suite. Dans un univers froid et dystopique,Ultraviolet est étonnamment très coloré. Les décors sont méticuleusement travaillés et éclairés, même si parfois c'est un peu sombre. Les mots d'ordre sont : métallique, vitré, aseptisé. Les murs, les livres, les voitures sont métalliques, les forces de l'ordre sont intégralement sapées en latex avec en dessous une armure de verre qui explose à l'impact (clairement un équipement plus esthétique que fonctionnel). Les lumières intérieures sont toujours très colorées ce qui crée un contrastefrappant avec l'extérieur. Dehors, il n'y a que du béton et des vitres sous un ciel blanc comme neige, dedans, la couleur qui manque au monde extérieur est fausse, chimique et surexposée. Ces choix de couleur dépeignent un futur angoissant et artificiel, du moins jusqu'à la toute fin où le coucher de soleil annonce un nouvel espoir. Même si l'esthétique semble avoir été légèrement charcutée en post prod, la démarche est cohérente et contribue à faire de Ultraviolet un film unique, reconnaissable, plutôt qu'un bête film de science-fiction générique.


Je l'ai mentionnée plusieurs fois mais la musique de ce film est vraiment superbe ! Composée par Klaus Badelt qui avait déjà travaillé avec Kurt Wimmer sur Equilibrium, et qui a aussi signé la bande originale de Catwoman de Pitof qui est une pure masterclass. On a un mélange d'électronique et de symphonique avec beaucoup de chœurs féminins qui renforcent l'aspect spectaculaire et en même temps à l'échelle humaine de cette quête. Je le redis, la scène du toit est incroyablement bien sublimée par la musique !


Tout ceci explique pourquoi je voue une adoration sans précédent à Ultraviolet de Kurt Wimmer. Un film qui m'a appris qu'on ne juge pas un film à ses effets spéciaux ni à la première impression qu'il nous fait, mais à la façon dont ce qu'il cherche à raconter nous touche. Peut-être que c'est objectivement un film nul, mais c'est de très loin le meilleur film nul qu'il m'ait été donné de voir !

GallyVegas
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le 8 sept. 2025

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GallyVegas

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