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Une hymne aux mères
En s’inspirant de sa propre expérience, Laetitia Masson signe un film sincère sur la différence et la parentalité. Paradoxalement, son héro reste étonnamment prisonnier des normes qu’il entend...
le 5 juin 2026
La valeur d'une société humaine peut se mesurer à l'aune de son acceptation du handicap. Sur cette échelle comment s'en sort la France? Si Laetitia Masson se montre sévère envers l'administration et en profite pour tenter de nous faire rire à ses dépends, sa focale majeure reste l'attitude des parents envers leur enfants notablement différent des autres. Dans le cas d'Ulysse, l'angoisse du père (Stanislas Merhar), artiste sensible, le porte au désespoir et aux renoncements, quand la mère (Élodie Bouchez), têtue, refusera de renoncer et se battra pour lui trouver une place dans la société. Son obstination est-elle raisonnable ?
Cette douloureuse, et banale, thématique est joliment traitée dans de jolies couleurs enfantines et de magnifiques couchers de soleil sur Paris. Le pathos est constamment contrebalancé par l'énergie d'Alice, la maman, et la joie de vivre de son amie Laura (Romane Bohringer). En revanche la musique, jolie certes, et dans le ton puisque le papa est pianiste, m'a parue un tire larme un peu facile. Ben oui, Chopin, c'est de la triche et ça devrait être interdit. A côté de cela, les dialogues et scènes où la réalisatrice règle ses comptes avec l'administration auraient mérité plus de mordant, de piquant, de contraste pour en tirer tout le potentiel comique, irritant, édifiant ... Mais tout ces défauts, et quelques autres (une scène de rupture bizarre...) sont peu de chose devant l'interprétation d'Alphonse Roberts qui joue Ulysse adolescent. Sa justesse n'est pas que la conséquence de sa maladie, le "syndrome de Noonan", qui touche le personnage comme le comédien, ce serait trop facile s'il suffisait de jouer son propre rôle pour être bien à l'écran. Son charisme et le regard que lui porte la cinéaste sont particulièrement émouvants et je préfère prévenir : Ames trop sensibles s'abstenir.
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le 21 juil. 2026
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