Un condé est un film noir réalisé par Yves Boisset, coécrit par Claude Veillot & Pierre Vial Lesou, d’après son récit qu'il adaptera en roman par la suite sous le titre de La Mort d'un condé la même année... Ce troisieme long métrage du réalisateur met en scéne une double vengeance tout d'abord celle de deux hommes qui venge la mort d'un ami Robert Dassa (joué par Pierre Massimi) le frère d'Hélène Dassa (jouée par la toujours lumineuse Françoise Fabian) tué par un certain Georges Duval, dit "Georgy Beausourire" (joué par un infâme Henri Garcin) l'homme de main d'un certain Tavernier dit le Mandarin (joué par le scénariste et producteur Francis Cosne (Les Angélique) un truand puissant implanté dans l'immobilier qui a des amis dans la politique d’extrême droite... lequel sera abattu par Dan Rover (joué par le très Gianni " John " Garko... l'ex Sartana) l'ami de la famille Dassa... et un certain Villetti (joué par Michel Constantin) un ancien baroudeur... qui a tue collatéralement un flic... L'inspecteur Barnero (joué par Bernard Fresson) lequel sera venger par son collegue et ami l'inspecteur Favenin (joué par un magnifique Michel Bouquet... role initialement prévu pour Lino Ventura qui le refusera par principe moral) un flic aux manières peu orthodoxes qui n'hésitera a faire des passages a tabac (voir la scéne très choquante ou il tabasse Raymond Aulnay (joué par Rufus) devant son gosse) ou a tué froidement avec l'aval de son superieur le très ambigu commissaire divisionnaire joué par Adolfo Celi... Superbe casting ou je rajoute Théo Sarapo qui joue Lupo l'autre homme de main de Tavernier... Henri Poirier qui joue l'avocat de Dan Rover... pour le premier grand film d'Yves Boisset qui se montre très radical en allant droit dans l’essentiel en dépeignant une police en mal de repères (Enquêtes bâclés (qui le sont toujours par ailleurs... Voir les cas Ranucci et d'Outreau) ou enterrés par une certaine corruption), désabusée et sans illusion qui au frontière de la loi vont appliquer la leur et franchir le pas pour sombre dans l'abysse... et comme le dit le personnage joué par Michel Bouquet " La police est métier sale qu'on fait salement " réplique qui ne sera pas du gout (ainsi que quelques scènes censurés) du ministre de l’intérieur de l'époque, Raymond Marcellin qui va obtenir l'interdiction du film qui retardera la sortie de six mois... Après deux films mineur (Coplan sauve sa peau (quoique) et Cran d'arrêt) Yves Boisset signe un très bon film polémique... en attendant son prochain grand film L'Attentat.