Le réalisateur Stelvio Massi retrouve ici pour la quatrième fois, l’une des plus grandes stars du polar à l’italienne, Maurizio Merli. Si le genre attire toujours autant de public en salles, il commence en cette fin des années 70, a sérieusement tourner en rond. On ne compte désormais plus les productions mettant en scène le traditionnel flic réac, obligé de faire sa propre justice devant des institutions toutes corrompues.

Ce film ne déroge pas à la règle. Merli interprète ici le commissaire Olmi qui découvre au cours d’une enquête sur le meurtre d’une jeune femme, que le chef de la douane et le procureur de la ville de Rome sont impliqués dans un vaste trafic de diamants. Déterminé à faire tomber ces hauts responsables, Olmi va vite se rendre compte de la difficulté de la tache. Entre protections et omerta, toutes les portes vont se refermer sur lui et il serra même victime d’une tentative de meurtre. Poussé à bout, il commettra une bavure qui l’obligera à être muté dans une paisible station balnéaire de la côte adriatique. Manque de bol, alors qu’il pensait couler des jours tranquilles, il va découvrir un nouveau trafic (d’armes cette fois-ci) organisé par un notable local.

Le film se divise donc en deux intrigues parfaitement distinctes qui n’ont comme seul point commun que le constat d’une délinquance généralisée dans une Italie en crise institutionnelle.

Dans la première partie, nous retrouvons donc les traditionnels codes du genre : le flic solitaire, le manque de soutien de ses supérieurs, des fusillades, une course poursuite... Bref, si Massi maitrise toujours parfaitement le sujet, il n’apporte absolument rien de nouveau ici.

La seconde semble elle, d’apparence plus «novatrice». On sort enfin du cadre des grands cités de la péninsule italienne pour se retrouver au bord de la mer. Cette partie a d’ailleurs été tournée dans la ville natale du réalisateur. Malheureusement, ce changement constitue la seule originalité de cette seconde moitié. Après le début d’une romance aussi improbable qu’inutile, nous retournons en terrain connu. Enquête, fusillades, prise d’otage et dénouement héroïque, la paire Merli/Massi se repose uniquement sur ses acquis et ne nous propose aucune autre (bonne) surprise.

Le film se laisse donc voir sans déplaisir grâce au savoir faire de l’un et la présence de l’autre mais se fond définitivement dans la longue liste des «poliziotteschi» sans grand intérêt.

Massimiliano_N
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le 28 juin 2025

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