Autant j'ai une sympathie presque infinie pour Marie-Claude Treilhou quand elle endosse les habits de documentariste en exploration dans les Corbières, m'autorisant sans forcer à fermer les yeux sur beaucoup de maladresses et de limitations, autant Marie-Claude Treilhou la réalisatrice de fiction me laisse péniblement sur le carreau avec "Un petit cas de conscience". Il n'y a vraiment rien qui va, mais manifestement le pire se situe du côté de l'interprétation avec une panoplie d'acteurs et d'actrices en carton qui font beaucoup de peine à voir. C'est extrêmement pénible et laborieux de regarder ces gens jouer un peu comme dans un théâtre amateur, avec en prime des prétentions non-négligeables puisqu'on s'embarque dans une sorte de conte moral sudiste, une divagation inspirée des pires heures de Rohmer pour montrer la cellule composée de quatre vieilles amies exploser en vol, à l'occasion d'un cambriolage sans importance majeure mais qui est censé révéler les différences fondamentales entre les intéressées. Le but est de montrer que chacune d'entre elles est enfermée dans un système de valeurs et des perceptions de la réalité qui lui sont propres, en conflit potentiel avec ceux des autres, et voilà. La confrontation des points de vue est un concentré de balourdise, illustrant comment des personnages bourgeois accusent plus ou moins rapidement des personnes marginales sans preuve. Dans les rangs de la distribution on peut trouver Marie-Claude Treilhou elle-même (ainsi que ses enfants, que j'ai déjà croisés à Taurize !) mais aussi une autre réalisatrice Claire Simon, et le plus connus (désormais) Alain Guiraudie. C'est intrigant parce que c'est tout à fait inattendu, mais il faut reconnaître, quand même, que c'est très mauvais.