Lui-même d'origine calabraise, Francesco Costabile a choisi d'ancrer son premier long-métrage dans une région reculée de la botte italienne, dans les pas d'une héroïne rebelle, en lutte contre la 'Ndrangheta, la puissante mafia locale. Une histoire familiale, tirée de faits réels, qui commence avec la prise de conscience d'une jeune femme que la mort prématurée de sa mère n'est sans doute pas un suicide. Au carrefour du thriller, du mélodrame et de l'horreur psychologique, Una femmina tisse sa toile autour d'une vengeance sordide, dont les différents actes ne sont pas toujours explicites, pour qui est étranger à ce sombre univers, dans une ambiance volontiers sépulcrale. Si tout n'est pas clair dans l'intrigue, la violence sourde de l'ensemble fait son effet, avec le choix de montrer avant tout que la place des femmes, au second plan, est tout sauf négligeable dans la continuation de schémas criminels dont la seule manière de s'en débarrasser passe par la dénonciation et la trahison de son propre clan. Très maîtrisé sur le plan visuel, parfois proche d'un esthétisme morbide, le film doit beaucoup à l'interprétation habitée et impressionnante de la néophyte Lina Siciliano.