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le 3 févr. 2020
SuivreChaos Frénétique
C'était pas mal du tout. Pas vraiment mon genre de film, disons que ce genre de personnages qui font que les mauvais choix, où leur vie est un véritable bordel à cause d'eux, de leur incapacité à...
Je ne sais pas quoi dire sur ce film. Tout commence dans le cul d'un Juif. Puis continue avec la mafia juive, les prêteurs sur gage juifs, les taux d'intérêt indécents de fils de pute, les joaillers et bijoutiers juifs, les combines et arnaques d'enculé, une fête de Pessa'h qui paraît plus folklorique qu'autre chose, le Juif lubrique avec sa maîtresse, le communautarisme juif… On dirait le film le plus antisémite de l'univers. Je ne sais pas si je suis face à une caricature du IIIe Reich ou à une ethnologie du monde juif new-yorkais. Le Juif commerçant, nerveux, obsédé par la dette et la réussite, coupable, toujours en train de négocier son salut. Mais ici, le cliché est tellement poussé jusqu'à l'absurde qu'il finit par devenir une machine burlesque. Mais en plus, cette marchine est frénétique.
Uncut Gems, c’est deux heures de trente où tout le monde parle en même temps, où personne n’écoute personne, où tout le monde doit de l’argent à tout le monde, où les téléphones sonnent comme des alarmes incendie et où Adam Sandler court dans New York avec la gueule d’un type qui vient de découvrir qu’il a oublié de payer trois fois son loyer. Tout commence dans une espèce de ventre minéral, avec une opale gigantesque qui sort de terre comme si la planète elle-même avait décidé de produire un nouveau problème d’argent. Puis on plonge dans le monde de Howard Ratner : bijoutier, bookmaker, arnaqueur, mari bientôt divorcé, amant, père de famille, endetté jusqu’au trognon, toujours à deux secondes de se faire casser la gueule et toujours absolument persuadé que le prochain coup va tout arranger.
Le gars ne marche jamais normalement. Il négocie. Il ment. Il promet. Il emprunte. Il parie. Il rembourse avec l'argent qu'il n'a pas encore gagné avec le pari qu'il n'a pas encore fait. C'est un système financier pyramidal dont le sommet est un type en costume qui transpire comme un porc. Et le film ne ralentit jamais. Jamais. Tu voudrais simplement comprendre qui doit quoi à qui ? Va te faire foutre. Tu voudrais entendre une phrase entière ? Impossible. Trois personnes hurlent déjà. Tu voudrais savoir pourquoi Howard fait ça ? Parce qu'il est Howard. Tu voudrais qu'un personnage prenne enfin une décision raisonnable ? Ah ah.
Et c'est là que le film devient franchement drôle, parce que la vie entière de ce pauvre type est organisée comme une loi de Murphy sous amphétamines. Tout ce qui peut mal tourner tourne mal. Tout ce qui pourrait éventuellement lui permettre de sortir du trou est immédiatement transformé par lui en pelle supplémentaire pour creuser le trou. Il doit de l'argent à des usuriers ? Il parie encore. Il est poursuivi par des types qui veulent lui casser la gueule ? Il s'arrête quand même pour récupérer son fric. Il a une femme qui veut divorcer ? Il va voir sa maîtresse. Sa maîtresse lui demande ce qu'il fout ? Il lui ment. Il a une opale censée résoudre tous ses problèmes ? Il la met en gage. Il récupère enfin l'opale ? Il recommence à parier. On pourrait continuer jusqu'à la fin du monde.
Uncut Gems, c'est donc l'histoire d'un homme qui pourrait peut-être être sauvé, à condition qu'il arrête exactement ce qui lui donne envie d'être sauvé. Il pourrait rembourser ses dettes s'il cessait de jouer. Il pourrait sauver son mariage s'il cessait de mentir. Il pourrait éviter les mafieux s'il cessait de les provoquer. Il pourrait vivre tranquille s'il acceptait de vivre tranquille. Mais vivre tranquille ? Quelle horreur. Alors Howard remet une pièce dans la machine. Encore. Toujours encore. Et cette fois, ça va marcher. Évidemment que ça va marcher. Enfin… peut-être. Putain de Howard.
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Créée
le 22 août 2026
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