Ce film, c'est un peu comme un bébé dont la couche déborde : c'est tellement merdique qu'on ne sait pas par quel bout le prendre.
L'idée de base est pas mauvaise. Ça a été pensé comme une comédie, qui devrait raconter les péripéties d'un père de famille, ex-révolutionnaire has been, qui essaie de sauver sa fille que son antagoniste, Sean Penn en GI-Joe (belle performance !), veut attraper. Ça s'explique, par un arrangement scénaristique un peu branlant, mais on peut accepter. Mais...
Mais ce qui se veut vraisemblablement une critique ironique sur la situation politique des USA (ceux qui auront passé tout le film a maté leur feed insta l'auront compris) reprend tous les tropes du cinéma con-con, et pas très conscient des enjeux de société. Le but, c'est pas de faire un cours sur tout ça. Ou de faire la leçon. Mais si vous ne voyez pas de quoi je parle, franchement, il est temps de vous mettre à la page.
Donc...
- Les vingt premières minutes du film sont d'un male gaze total. La meuf est lubrique, elle veut baiser avec tout le monde parce que la révolution, les armes, l'alcool et le sexe, c'est ça, la révolution.
- Le réalisateur est incapable de faire un personnage féminin qui n'a juste pas envie d'être mère, ou qui fait un post-partum. Ça finit d'ailleurs avec une lettre émouvante où elle explique qu'elle aurait mieux fait de rester avec sa famille...
- Pour un mec censé être un grand révolutionnaire, Léo est vraiment l'archétype du père réac, qui gueule tout le temps dessus (le mec ne sait faire que ça), qui méprise les potes de sa fille... Et qui doit la sauver, évidemment. Parce que c'est un vrai mec qui protège sa famille. Toute ressemblance avec des films de mecs qui ne pleurent pas serait fortuite.
- Il y a un personnage non binaire. Il est là pour se faire insulter. Et c'est lui qui balance sa pote. Mais on peut cocher la case.
- La communication repose sur un système de mot de passe à apprendre. Mais si tu demandes à parler au manager, et que tu sais que son type de chatte préférée c'est les "mexicaines rasées" (attention, cette cascade est réservé à des professionnels), alors on s'en bat les couilles de la sécu. Et le vilain révolutionnaire qui savait pas qu'il parlait à un héro qui a les pleins pouvoirs doit s'excuser.
- Et à la fin le "- Sois prudente ! ; - Non ; - Hahaha", vraiment ?
Mais ça critique ICE et les militaires. Donc on va dire que c'est bien.
2/10 parce que j'ai qui quand il est tombé sur l'arbre.