Un film bien étrange sur la soumission d’un serf (Gérard Lanvin l’employé) à son seigneur (Michel Piccoli le patron)… Docile, serviable, fidèle, le serf travaille aussi le dimanche, même la nuit et loge son seigneur dans son deux pièces lorsque le 600 m² de son maître est en travaux. Et si la femme du serf rouspète, il lui fait fermer sa gueule. Son seigneur est si gentil, si bon avec lui, il est à la fois son mentor et son nouveau père.
Oppressant, malsain et sinistre, le film a le mérite de préfigurer les nouveaux rapports de servage entre les travailleurs et leur patron qui sont devenus chose courante de nos jours sous un peu de vernis et plus ou moins d’hypocrisie des deux parties, un contrat tacite désormais bien ancré.
Cela étant, si les acteurs sont excellents, la mise en scène sans relief, la langueur monotone, les longueurs inutiles entraînent un effet de répétition très désagréable, car c’est toujours la même chose : le serf est au garde-à-vous et se languit même de son maître lorsqu’il n’est plus là. Un vrai clébard. On dirait un film sur des malades mentaux, un asile à ciel ouvert et un délire à plusieurs.
Le film reste donc d’une mollesse sans équivoque et se borne à ressasser les mêmes mécaniques jusqu’au dégoût et jusqu’à sa fin absurde qui n’en est pas une… oui, étrange assurément, intéressant ? pas forcément !