La Nikkatsu qui vient de recruter la Reine du pink Naomi Tani va rapidement mettre la demoiselle à rude épreuve dans deux métrages du réalisateur Masaru Konuma, Flower and Snake et Une femme à sacrifier, qui au passage inaugurent le tournant sadomasochiste et bondage du studio. Le résultat est un grand succès.
Transgressif au possible, ça commence par un homme mûr regardant une petite fille faire pipi au bord d'une rivière. Le premier échange verbal entre les deux suggère une relation pédophile, qui sera confirmée lors de la scène suivante où l'on apprend que la police est à la recherche de l'homme et que la petite fille aux couettes a été abusée... L'homme enlève ensuite son ex-femme pour la retenir prisonnière dans une maison de montagne abandonnée. La malheureuse épouse (Naomi Tani) va alors subir toutes sortes de sévices sexuels et d'humiliations. Là où Konuma est génial, c'est qu'au milieu de ce décor macabre il parvient à exacerber la sensualité de son actrice et le spectateur qui n'en rate pas une miette devient complice de l'interdit. Chaque scène repousse les limites de la précédente. La femme est ensuite violée par deux chasseurs, avant que l'ex-mari ne capture deux jeunes amants qu'il va entraîner dans sa maison de l'horreur. A ce moment le comportement de sa femme évolue, victime du syndrome de Stockholm ou « exprimant ce qu'elle avait en elle », non seulement elle n'essaie plus de fuir mais elle se prête maintenant aux jeux sexuels avec le couple.
Sans m'attarder sur les détails, à la fin la femme se rabiboche avec son ravisseur et redemande toujours plus de tortures. Au point de faire fuir son ex-mari, qui retourne vers la petite fille, renvoyant en écho la phrase entendue avec effroi au début du film :
Tu m'avais dit que tu n'aimais pas les femmes adultes car elles te faisaient peur.
Immense succès pour la Nikkatsu, malgré le côté extrêmement malsain et dérangeant qu'on éprouve en le visionnant, le film est bien à marquer d'une pierre blanche pour le genre SM-Softcore.