A la fois drame social, mélodrame et film noir, Une fleur en enfer dresse un portrait sans fard de la Corée du sud à la fin des années 50. Les stigmates de la guerre sont encore là, ne serait-ce que dans l'occupation militaire américaine. Toute une économie parallèle de la débrouille est ainsi décrite : petits larcins, contrebandes de marchandise et prostitution ; tout gravite autour des GI's (les Coréens ne doivent ici leur subsistance qu'en vivant en parasite ; ils ont été rejetés dans des habitations de fortune en périphérie). Shin Sang-Ok porte un regard plein d'empathie pour ses pauvres filles réduites à vendre leur charme et qui dès lors, ne pourront plus se marier. Le film n'est pas loin d'adopter les thèmes et l'esthétique du néo-réalisme (Sciuscia par exemple) ou de Los Olvidados ; d'autant plus que le cinéaste coréen traite de manière presque documentaire - en extérieur - le cadre où se déroule l'action.


Une fleur en enfer n'évite cependant pas les clichés (la ville pervertie par rapport à la campagne ; la figure de la garce qui sépare les deux frères et causent la mort de l'un deux) et se termine dans une grandiloquence un peu trop affectée avec la rédemption par la mort du frère souillé par la ville. Mais le film a sans doute capté l'air du temps d'un pays meurtri et a su donner une voix et un visage aux pauvres sacrifiés de l'après-guerre.

denizor
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le 24 nov. 2017

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