Alors qu’il prétend libérer la parole des personnes en situation de handicap sur un sujet « tabou » (dixit Mélanie), Une Pointe d’amour manque terriblement de chair et d’audace, parsème son propos faussement transgressif par-dessus une comédie romantique mièvre que la mise en scène retranscrit avec une propreté clinique : rien ne dépasse, pas un mot, pas un geste de trop, et si quelque chose vient à heurter la sensibilité, la suite du récit veillera à le réparer en le verbalisant – il faut s’assurer que le rire et les larmes du spectateur respectent chacun des personnages. L’écriture enferme ces derniers dans un trait de caractère immuable, au service d’un comique fonctionnel mais stéréotypé. Et quand arrive l’Espagne, point de convergence géographique et symbolique des trois personnages (Lucas y réfléchit son goût pour l’illégalité), quelques minutes à peine dans une atmosphère érotique pour vite en sortir ! Les comédiens, sympathiques, assurent le spectacle et rendent le film agréable – mais fallait-il qu’il le soit autant ?