Urchin
6.4
Urchin

Film de Harris Dickinson (2025)

Décidément, on ne compte plus les passages du devant au derrière de la caméra cette année. Et même les plus jeunes comédiens ne sont pas en reste puisqu’ici c’est le jeune et prometteur Harris Dickinson qui nous propose un premier film plutôt encourageant. Du haut de ses vingt-huit printemps, le talentueux comédien vu dans la Palme d’or « Sans filtre », « Babygirl » et bientôt en John Lennon dans les films sur les Beatles livre une œuvre pétrie de sincérité et d’humilité. « Urchin » signifie « gamin des rues » en anglais et le film nous enjoint à en suivre un. Tout cela commence un peu comme un documentaire où on suit les errances et larcins de Mike, le personnage principal et Urchin du titre. Dickinson semble s’y connaître puisqu’il a été bénévole pour bon nombre de sans-abris et personnes dans le besoin dans les quartiers populaires de Londres durant sa jeunesse, ce qui imprègne le film d’un réalisme indéniable. Puis, on prend la direction du drame social sur la réinsertion de ces personnes mises au ban de la société.


Dans cette partition qui ne tolère pas d’approximation, Frank Dillane est impressionnant aussi bien dans son jeu immersif que dans ce qu’il parvient à dégager physiquement. On dirait qu’il a vraiment vécu dans la rue tant sa dégaine, sa manière de se mouvoir et d’interagir est mimétique avec les sans-abris que l’on pourrait rencontrer au coin de sa rue. Si la réalisation de Dickinson nous apparaît timide dans son ensemble, il ose certaines choses avec plus ou moins de réussite. Si certaines envolées lyriques comme cette scène de danse sous drogues autour d’un feu de camp confinent au sublime, on est moins emballé par ses digressions oniriques dont ce final presque ridicule dans ses envolées métaphoriques absconses. « Urchin » est donc un essai imparfait et parfois maladroit mais qui s’avère sincère et surtout prometteur pour un jeune acteur qui l’était tout autant et qui a confirmé son talent. Il ne serait pas étonnant que ses qualités de cinéaste soient perfectibles et de plus en plus consacrées. À suivre...


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JorikVesperhaven
6

Créée

le 31 déc. 2025

Critique lue 74 fois

Rémy Fiers

Écrit par

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