Si la première saison des "Masters of Horror" comprenait bon nombre de réalisateurs pour beaucoup oubliés ou ayant depuis longtemps changé de registre (John Landis, Joe Dante, John McNaughton), la seconde a surtout intégré des metteurs en scène à la filmographie pas vraiment reluisante. Et au milieu du retour de Carpenter, Hooper et Argento, nous devons nous coltiner des Brad Anderson, Rob Schmidt et ce pauvre Ernest Dickerson, auteur du sympathique Cavalier du Diable en 1995 mais surtout du pathétique Bones en 2001 où le bougre n'hésitait pas à mettre Snoop Dogg dans la peau d'un revenant amateur de fumette.
Unique épisode de l'anthologie écrit par Mick Garris (sans qu'il ne le réalise lui-même), V comme Vampire est également le seul à aborder le thème vampirique et, il faut l'admettre, bien lamentablement. Nous suivons donc deux ados en manque de sensations fortes partis en pleine nuit se titiller l'adrénaline en pénétrant dans la morgue où bosse le frère de l'un d'eux. Après une interminable exposition des couloirs vides, ils font face à un vampire (Michael Ironside, qu'ont-ils fait de toi ?), l'un d'eux se fait bouffer la jugulaire et l'autre s'enfuie se réfugier chez lui, aussi paumé qu'effrayé. La suite est malheureusement aussi chiante que le début.
Cousu de fil blanc, sans aucune surprise ni moment vraiment marquant, le film suit tranquillement sa route comme un épisode live du dessin animé "Crypte Show", un brin sanglant mais jamais surprenant, n'abordant même pas un thème aussi éculé que possible de l'adolescence vampirique. Non, le moyen-métrage se contente de voir un gosse devenu lui aussi un suceur de sang se lamenter sur sa nouvelle condition jusqu'à un final tout aussi anecdotique. Un épisode qui promettait pas mal de choses mais qui en définitive reste l'un des moins réussis.