Le film s'ouvre sur une narratrice qui raconte un poème d'enfance de l'héroïne, qui s'interroge sur le ressenti de sa maison.
En parallèle, nous sommes témoins de scènes de son passé.
Nous nous rendons compte rapidement que la narratrice est la maison familiale.
Cette dernière a comme particularité de s'enfoncer dans le sol, à cause d'une fissure qui est là depuis plusieurs générations.
Et le film va parler justement de fissures.
Tout d'abord, celle existant dans la relation entre Stellan Skarsgård (le père de Nathalie Portman dans le MCU, ainsi que le Baron Harkonnen dans les Dune de Denis Villeneuve) et sa fille, interprété par Renate Reinsve, qui a très mal vécu son absence suite à son divorce avec sa mère.
Ou celles existant à l'intérieur d'eux : un traumatisme familiale pour l'un, et une dépression pour l'autre.
Le cinéma et le théâtre servent d'échappatoire. Le père étant réalisateur, et sa fille actrice dans des pièces de théâtre.
Eux qui n'arrivent pas à trouver un foyer où se sentir à leur place, et qui n'arrivent plus à tenir une conversation entre-eux.
Mais leur profession leur sert aussi malheureusement à fuir leurs névroses, ne vivant qu'à travers ce dernier et oubliant alors leur entourage.
Le père va alors essayer de faire rentrer sa fille dans son univers en la faisant jouer dans son dernier, car cela lui avait permis de passer du temps avec la plus jeune de la fratrie par le passé.
Mais il va se prendre un refus, et se retrouver avec une actrice à succès - joué par la sublime Elle Fanning (elle est incroyable dans ''The Neon Demon'') - qui va tant bien que mal essayer de prendre la place de sa fille.
Sauf que cela ne va pas être une fin en soit, et la benjamine et l'actrice vont alors aider ces deux êtres à recoller les morceaux.
Le propos, la photographie et la réalisation de Joachim Trier m'ont profondément touchés durant ces 2h13 de visionnage.
J'ai notamment beaucoup apprécié le fait qu'on voit des ancêtres de cette famille quand ils vivaient dans cette maison, renforçant le fait qu'elle est un personnage à part entière.
Ou même le fait que la réalité a tendance à se mélanger à des scènes de théâtre et du film qui est entrain d'être produit, nous perdant autant que les personnages entre où s'arrête la fiction et le réel.
J'ai encore plus hâte de rattraper les autres films du réalisateur, surtout ''Julie (en 12 chapitres)'' et ''Oslo, 31 août''.