Charlie Brewster est un adolescent sans histoires. Il partage sa vie entre sa mère, sa petite amie, ses copains et ses séries préférées à la télévision sur les films d'horreur de série B. Tout va être bouleversé lorsqu'il va découvrir que son nouveau et très séduisant voisin est un vampire difficile à combattre.
Traiter du vampire au cinéma est décidément une porte ouverte à tout type de création. De la plus terre à terre (Morse) à la plus farfelue (Blacula). C'est que le mythe du suceur de sang a constitué, au travers des siècles, un constant objet de fascination. Si on associe instinctivement le terme "vampire" au roman épistolaire Dracula de Bram Stoker- maintes et maintes fois cité et adapté depuis sa parution en 1897- il ne s'agit pas de l'unique base sur laquelle se sont greffées les représentations modernes du vampire... En effet, il est possible de remonter en arrière de plusieurs décennies. En vérité, l'engouement autour de cette figure emblématique de la peur remonte à la parution d'une nouvelle écrite par John William Polidori, parue en 1819, et sobrement intitulée "Le vampire". Ce qu'il est intéressant de souligner concernant cette œuvre, est qu'elle avait déjà la particularité de dépeindre le vampire comme un jeune homme d'une beauté mélancolique dissimulant une nature froide et cruelle. C'est que le vampire incarne la crainte du temps qui passe inexorablement, et sur lequel l'être humain n'a aucune prise. Par ailleurs, son statut "d'immortel damné" lui confère une aura qui résonnent en chaque générations, traduisant diverses sources d'inquiétude liées à la peur de vieillir...
Or, en 1985, sort un film qui va transposer cette thématique dans un contexte d'appropriation culturelle par une génération de jeunes cinéphiles. Au delà de son aspect parodique assumé, Fright Night questionne le genre du film d'épouvante de manière originale, puisque le scénario confronte un vampire qui joue son rôle selon les codes classiques à un adversaire qui les connait d'avance. De ce fait, le déroulement normal de l'histoire est troublé, ce qui pousse le vampire a sortir de sa zone de confort. Alors qu'un récit classique tournerait autour du mystère qui entoure le monstre, celui-ci est rapidement révélé et le protagoniste sait d'avance quelle attitude prendre pour contrecarrer la Bête. Charlie contre-attaque plusieurs fois, sans jamais en démordre, et Peter Vincent démasque assez vite la vraie identité de Jerry Dandrige. En fait, ce dernier est trop suffisant et son orgueil causera sa perte. En tâtant mieux le terrain, il se serait donné moins de peine. A l'inverse, ses ennemis ont assimilé les réflexes à adopter, ce qui leur permettront d'en finir avec lui.
Bref, son erreur est peut-être d'avoir trop voulu adopter son code de conduite au monde contemporain, en passant pour le "gendre idéal", sans chercher à étudier les points forts et les faiblesses de ses proies... Ce qui lui aura été fatal!