Vesper est un post-apocalyptique atypique, fascinant par sa manière de mêler science-fiction organique, conte cruel et poésie visuelle. Dès sa production, le film intrigue : coproduction entre la Lithuania, la France et la Belgium, il réunit derrière la caméra la cinéaste lituanienne Kristina Buožytė et le réalisateur français Bruno Samper, tandis que le casting mêle acteurs britanniques et lituaniens. Cette hybridation culturelle donne au film une identité singulière, presque hors du temps et des standards habituels du genre.
L’histoire nous projette dans un futur ravagé où Vesper, une adolescente solitaire, survit au cœur d’une forêt luxuriante avec son père paralysé, auquel elle ne peut parler qu’à travers un drone. Passionnée de biologie, elle étudie les plantes et tente de subsister dans un monde où la science est devenue à la fois outil de survie et instrument de domination. Pour obtenir de quoi vivre, elle doit parfois traiter avec Jonas, inquiétante figure de prédateur entouré d’enfants réduits à l’état d’esclaves.
Puis survient l’irruption d’une mystérieuse navette tombée du ciel, événement qui fait basculer le récit dans une dimension encore plus étrange et symbolique.
Visuellement, le film impressionne par sa façon d’utiliser la nature : une végétation envahissante, presque vivante, qui rappelle parfois l’imaginaire de Hayao Miyazaki. Mais derrière cette beauté organique se cache aussi quelque chose de plus sombre, proche des contes des Brothers Grimm, notamment à travers le personnage de Jonas, véritable ogre moderne.
Loin des productions de science-fiction contemporaines saturées d’action et de rebondissements mécaniques, Vesper privilégie l’atmosphère, les idées et l’émotion. Le film interroge autant la place de la science que celle de l’humain dans un monde en ruine. Cette ambition, alliée à une esthétique saisissante, donne naissance à une œuvre aussi belle que captivante, qui mérite largement d’être découverte.