The Video Dead reprend tout d’abord au cinéma de genre son attachement aux personnages adolescents évoluant dans une banlieue huppée où les adultes semblent avoir disparu – est répétée plusieurs fois la perspective du voyage à l’étranger des parents –, parti pris que l’on observait déjà dans le premier volet Halloween de John Carpenter, sorti en 1978, ainsi que dans l’œuvre de Stephen King ; il représente ainsi en protagoniste le principal public auquel il s’adresse. Les deux signes les plus évidents de cet âge sont la marijuana et la télévision ; les zombies deviennent alors la métaphore de cette rencontre dangereuse, matérialisée par la sortie de l’écran d’une présentatrice gothique et sensuelle rappelant l’Elvira de Cassandra Peterson, d’autant plus dangereuse qu’elle conduira le frère et la sœur respectivement au cimetière et à l’hôpital psychiatrique. La cruauté du film s’observe aussi lors des (nombreuses) séquences gore, qui se distinguent par la qualité des costumes, maquillages et trucages compte tenu du petit budget dont dispose l’ensemble.
Ces qualités, auxquelles s’ajoute l’anticipation de l’idée reprise au Japon par Hideo Nakata – celle d’un programme maléfique dont s’extraient les monstres pour venir contaminer les vivants – que le cinéaste David Cronenberg avait imaginée sous une autre forme bien plus satirique (Videodrome, 1983), ne sauraient pourtant rattraper l’interprétation approximative, les redondances au sein d’un scénario somme toute limité, et une incapacité à susciter effroi et intérêt en dépit des nombreuses références aux classiques du sous-genre égrainées çà et là.