8
514 critiques
Mystery Fire
Présenté à la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019, Viendra le feu d’Oliver Laxe marque un grand coup. Le film est une longue errance dans la campagne espagnole, naturaliste et...
le 4 sept. 2019
Dans cette Galice rongée par l'humidité, la nature et l’humain s’érodent l’un l’autre. O que arde est une œuvre de la latence, de la résistance, au bord de l’embrasement.
Le film s’ouvre dans la nuit, par le fracas des arbres qu’on déracine. Puis vient Amador, visage fermé, silhouette effacée, condamné à être coupable. Il revient vivre chez sa mère, dans une maison de pierre reculée dans la montagne. Tout en lui est discret, mais tout en lui fait peur.
Laxe ne filme pas un pyromane : il filme ce que signifie avoir été un pyromane dans une communauté où le pardon est un mot mort. Le feu devient alors une présence diffuse, un soupçon. Le film tout entier repose sur cette tension : celle d’un homme qui ne fait rien mais dont la simple existence est déjà perçue comme un danger.
La Galice de Laxe est grise, spongieuse, minérale. Elle suinte plus qu’elle ne respire. Elle semble ruminer ses blessures, garder en mémoire les fautes anciennes, les stigmates des brûlures passées. Ce monde rural n’a plus la vigueur d’une terre vivante : il est en retrait, comme figé dans un entre-deux, celui d’une lente extinction.
Amador est le double humain de cette géographie : il marche lentement, parle à peine, ne cherche rien. La caméra de Laxe épouse cette torpeur : plans fixes, compositions rigoureuses, refus du montage expressif. La mise en scène épouse une durée qui est celle de la terre : celle qui attend, qui encaisse, qui finit par s’effondrer.
La mère, stoïque et douce, incarne une forme d’amour archaïque, sans effusion. Elle soigne, elle nourrit, elle regarde. Elle ne cherche pas à comprendre ou à sauver, elle endure. Son silence n’est pas un refus, mais une fidélité. En face, la société rurale, repliée sur elle-même, se montre incapable d’intégrer l’écart, la faute ou l’expiation.
Donc le sort s'acharne et le feu reprend.
Créée
le 25 avr. 2025
Critique lue 34 fois
8
514 critiques
Présenté à la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019, Viendra le feu d’Oliver Laxe marque un grand coup. Le film est une longue errance dans la campagne espagnole, naturaliste et...
le 4 sept. 2019
4
884 critiques
Il y a des jours comme celui-ci où le programme semble beaucoup plus libre, propice au visionnage de films dont on ne sait pratiquement rien, dont on ne parle quasiment jamais. C’est le cas de...
le 23 mai 2019
7
1062 critiques
Dans cette Galice rongée par l'humidité, la nature et l’humain s’érodent l’un l’autre. O que arde est une œuvre de la latence, de la résistance, au bord de l’embrasement.Le film s’ouvre dans la nuit,...
le 25 avr. 2025
7
1062 critiques
Dans l’écrin chromatique du pays d’Oz, Wicked déploie un tableau où le familier et la ré-inventivité se répondent. Les palais scintillent d’émeraude, les prairies s'étendent, et les costumes...
le 1 déc. 2024
3
1062 critiques
Présenté en compétition à Cannes 2025, The Mastermind marque le retour de Kelly Reichardt après showing up. Avec Josh O’Connor dans le rôle central, le film se glisse dans les plis du « heist movie...
le 10 sept. 2025
3
1062 critiques
Dans "Jouer avec le feu" , Pierre, cheminot veuf, n’a que ses mains pour travailler, que ses principes pour tenir debout. Il a élevé ses fils dans l’idée d’un monde juste, où la lutte ouvrière et la...
le 31 janv. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème