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Originalité
A la manière de Chris Marker, nous assistons à une histoire bâtie avec uniquement des photographies qui content une bien bonne histoire humaniste et originale.Merci pour la lecture. Gérard Michel.
le 12 juil. 2026
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Ce court-métrage de Kleber Mendonça Filho de 2004 a fait partie de la sélection de la Quinzaine des cinéastes à Cannes en 2005, premier jalon d’une relation durable entre le Festival et le réalisateur. C’est un petit film (17 min.) des plus étranges, dans tous les sens du terme, à la fois modeste et redoutable par son dispositif, même s’il laisse entrevoir une esthétique (d’un point de vue formel et thématique) qui fait le génie et la particularité de Mendonça Filho.
Vinil Verde (Vinyle vert) est une sorte de photomontage composé exclusivement d’images fixes, geste formel qui crée une discontinuité dans le réel représenté et une fixité anxiogène évoquant l’inéluctable, l’impossibilité de toute échappée. Le contraste est net avec la voix off et la musique de Solvério Pessoa qui assurent une continuité de la narration, mais là encore, voix et musiques sont entrecoupées de bruits divers dont d’obsédants craquements de vinyles, qui créent une atmosphère sensorielle grinçante et troublante.
Le film met en scène une fille et sa mère qui s’aiment plus que tout (c’est répété à l’envi) et montre le quotidien de la fille aux prises avec les interdits de sa mère, qu'elle transgresse dans un mélange d’innocence et de perversité. Les effets fantas(ma)tiques de ces transgressions font le sel du film, qui semble dire la cruauté des relations familiales où l’amour couvre toutes les projections sur l’autre, dont les peurs les plus intimes. Le film fonctionne comme une machine morale de sanction implacable, la famille jouant ici le rôle d’un micro-régime d’autorité mortifère, sans qu’on sache qui des deux personnages est la plus sadique – et la portée politique du message est pour nous éclairée par la filmographie à venir de Mendonça Filho.
Vinil Verde est censé être inspiré d’un conte russe – simplement crédité par son titre portugais (Luva verde) et russe (зеленые перчатки), soit Gants verts en français. Je n’en ai trouvé aucune trace sur le Net – et si un entretien de Mendonça Filho réitère l’assertion en affirmant qu’il en a eu connaissance par la coscénariste du film, Bohdana Smyrnova, d’origine ukrainienne, je ne sais rien de la réalité de cette référence. Elle pourrait aussi bien être une pure invention, une sorte d’alibi formel pour créer un faux ancrage traditionnel destiné à conférer au récit la froideur et l’autorité du conte moral. En matière de conte « russe », j’ai pour ma part pensé aux récits d’une autrice d’origine russe, la Comtesse de Ségur, où l’innocence et la désobéissance enfantine mènent à des conséquences troublantes, souvent énoncées avec une sècheresse morale qui n’est pas sans rappeler celle de Vinil Verde.
Créée
le 7 janv. 2026
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8
1383 critiques
A la manière de Chris Marker, nous assistons à une histoire bâtie avec uniquement des photographies qui content une bien bonne histoire humaniste et originale.Merci pour la lecture. Gérard Michel.
le 12 juil. 2026
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L'un des premiers courts métrage de Kleber Mendonça Filho, construit uniquement avec une succession d'images fixes, et dont le sujet est un vinyle (vert) dont l'écoute tue. Que demander de mieux ?
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