Un narrateur raconte une histoire qui s'est déroulée 25 ans auparavant en plein milieu des années 70 . Dans un quartier calme et une famille bourgeoise, Cecilia Lisbon (Hanna R. Hall) tente de se suicider mais se rate. Elle est la soeur cadette de la famille . Ses autres soeurs sont Thérèse (Leslie Hayman), Mary (Audrey Joy Cook) , Bonnie (Chelsea Swain) et Lux (Kirsten Dunst). Elles vivent chez leurs parents Ronald (James Woods), prof de math, et Sara (Kathleen Turner) qui sont très catholiques ....
La première fois que je l'ai vue, j'avais longuement hésité avant de le regarder à cause du sujet morbide: le suicide. Mais je me suis lancé et ne l'ai pas regretté: la preuve qu'on peut aimer un film même avec un sujet qui ne nous attire pas (je le dis pour ceux qui pensent que ne pas aimer un sujet est un argument ...).
Je ne l'avais pas revu depuis longtemps et je le trouve encore meilleur en le revoyant.
C'est une adaptation d'un roman paru dans les années 90 écrit par Jeffey Eugenides. Sofia Coppola l'a écrit seule. Et ce premier film est peut-être le plus personnel et sincère de la metteuse en scène. Elle fut touchée par les thèmes du roman qu'elle reprendra et a même avoué qu'elle est passée à la réalisation après la mort tragique de son frère Gio (un accident).
Ce qui étonne est que le long métrage n'a rien de morbide. Sofia Coppola arrive à donner une certaine légèreté malgré les évènements parce que dès le départ on sait le destin tragique des 5 soeurs ....
On voit qu'en apparence elles avaient tout pour être heureuse: une famille aisée, un beau physique au point que tous les adolescents voulaient sortir avec elles, elles n'avaient pas à priori de problèmes à l'école...
Et pourtant elles avaient un mal-être. Sofia Coppola ne le dit pas complètement mais pointe quand même l'éducation plus que stricte des parents, surtout la mère, le père ne contrariant pas sa femme....
Le film parle du désir qu'il y a entre les garçons et les filles mais les 5 jeunes files n'ont pas le droit d'où le titre. Quand on interdit tout, une frustration finit par arriver au point de commettre l'impensable.
Lux est pourtant un peu différente: elle est plus rebelle mais aussi peut-être plus mélancolique (peut-être est ce du à la manière jouer de Kirsten Dunst qui confirme tout le bien que l'on avait déjà remarqué dans "Entretien avec un vampire").
Les autres acteurs ne sont pas en reste. Je retiendrai Josh Hartnett qui confirma lui aussi après s'être fait remarqué l'année précédente dans "The faculty".
Et surtout les 2 parents. James Woods étonne en père et époux modèle, très loin des personnages d'hommes virils. Quant à Kathleen Turner, elle surprend encore davantage en trouvant son meilleur rôle depuis "Serial Mother" dans lequel elle incarnait une mère pas comme les autres (je ne dis pas plus pour ceux qui n'ont pas vu ce film !
Le film, bien qu'il ne contienne ni de fantastique ni d'horreur m'a fait un peu pensé à "Carrie", un des classique de De Palma: adolescence féminine, scène de bal où "l'héroïne" gagne le trophée du plus beau couple, une éducation stricte due à la religion...
Coïncidence ou pas ?
Et pour couronner le tout, on a une superbe B.O.F signée des Français Air (quelle sublime chanson que "Playground love") mélangée à quelques anciens tubes tel "I'm not in love" de 10 CC.
Le film contient de nombreuses scènes marquantes : SPOIL le premier suicide , la scène où les adolescents se parlent de manière indirecte en se passant des disques au téléphone...
"Virgin suicides" fit sensation dès sa sortie au point qu'on peut même parler de classique instantané . Il est considéré comme un des meilleurs films film jamais sur l'adolescence et sera vite culte auprès des jeunes de cette époque. Il reste, pour moi, le meilleur de Sofia Coppola.