Que l'histoire soit ou non basée sur des faits réels importe peu, on est pris ans cette intrigue qui n'est d'ailleurs pas sans en rappeler d'autres dans des contextes différents : les jeunes orphelines abandonnées aux portes des couvents étaient monnaie courante par le passé, et le cinéma a largement exploité ce thème dans des films tous plus différents les uns que les autres, ici c'est donc une autre variation qui nous est proposée sur ce thème, mais sur fond de 18eme siècle vénitien avec au centre un génie de la musique classique.
Le film ravira tous les mélomanes et les amateurs du genre, on pense à "Amadeus" (Milos Forman, 1984) et aux autres grands films d'époque qui ont aussi mis en scène les génies de leur temps mais ici c'est l'occasion de redécouvrir la vie de ce compositeur que l'on a un peu trop tendance à résumer à son œuvre la plus connue (Les Quatre Saisons), et, par bonheur, le thème des quatre saisons n'est pas trop abondamment servi, il est plus suggéré, l'attention se concentre bien davantage sur ce qu'à pu être la réalité de la vie de l'artiste à cette époque, malgré tout son talent et l'admiration qu'il pouvait susciter.
Le film est un vrai régal, notamment pour sa bande-son originale, et cette histoire qui mêle les élans du cœur et le talent musical dans un contexte historique bien particulier au milieu de la cité des Doges a le don de magnétiser le spectateur du début à la fin. Sans dévoiler la fin, la fuite qui la caractérise m'a tout de même laissé un peu perplexe ; à chacun d'apprécier ou pas cette conclusion.
Le film est pour moi en tout cas une référence du genre à garder en mémoire.