Hymne virtuose à la déambulation, Walkover est une course en avant qui ressemble à une vision nouvelle vague de Speed : s'arrêter de marcher, c'est mourir. Alors qu'il s'apprête à prendre un train, Andrzej est alpagué par une ancienne camarade , celle même qui l'a fait renvoyer de leur école d'ingénieur. Le jeune homme accepte de la suivre, et la caméra, fluide et fureteuse, va les accompagner toute la journée à travers les rues d'une ville en pleine mutation.
Construit sur le principe de la rencontre et de l'accident, le film virevolte, prend des raccourcis, des chemins de traverse, réglant son pas sur l'avancée du héros lancé comme une boule dans un jeu de quille. Il est question de radios portatives, de balances, de montres russes, de matchs de boxe, de motos, d'ingénieurs, de projections en plein air, d'accidents de la circulation, d'anciens camarades, d'anniversaires, d'usines et d'urbanisme.
Mais surtout, dans ce labyrinthe, il est question de lutte et d'abandon (le walk over du titre fait référence à ces courses qu'on peut se permettre de faire en marchant suite à la disparition des autres concurrents) : peut-on s'arrêter, souffler, et repartir dans une autre direction, ou bien tout, dans nos existences, est-il écrit par avance, absurde et sans espoir ?