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le 30 mai 2017
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War Machine m’a beaucoup ennuyé. Je reconnais que je ne l’ai probablement pas vu dans les meilleures conditions, car j’étais fatigué et ce genre de chose influence toujours une séance. Malgré cela, le film n’a pratiquement jamais réussi à m’attirer.
Pendant de longs moments, je ne savais même plus très bien ce qu’il voulait raconter ni vers quoi il cherchait à aller.
Pas parce que l’histoire est particulièrement complexe, mais parce que le ton ne trouve jamais réellement son équilibre.
Le film veut être une satire de la guerre en Afghanistan, une comédie politique, une critique du système militaire américain et parfois un film de guerre plus sérieux. Le problème est que ces éléments semblent lutter entre eux au lieu de fonctionner ensemble.
Parfois, nous sommes censés rire.
Parfois, nous devons nous indigner.
Et parfois, nous attendons simplement qu’il se passe quelque chose.
Brad Pitt interprète le général comme une caricature volontaire. Sa façon de marcher, de parler et de se comporter est exagérée dès le départ. Je comprends parfaitement l’intention, mais cela n’a pas vraiment fonctionné pour moi.
Pitt s’investit pourtant totalement.
Il abandonne son habituel charisme et adopte une posture étrange, un visage presque constamment tendu et une manière de jouer qui transforme le général en symbole d’un système militaire convaincu que chaque problème peut être résolu avec davantage de stratégie, de soldats et de confiance.
L’idée est pertinente.
Mais une caricature maintenue pendant plus de deux heures doit être vraiment drôle ou particulièrement incisive.
Pour moi, elle n’était ni l’un ni l’autre.
Le film repose pourtant sur une contradiction intéressante : vouloir gagner une guerre dont les conditions politiques et sociales rendent presque impossible la définition même de la victoire.
Le général pense qu’avec suffisamment de moyens et un bon plan, il pourra changer la situation. Autour de lui, militaires, politiques, conseillers et gouvernements alliés poursuivent des objectifs différents.
C’est là que la satire devrait devenir particulièrement efficace.
Elle existe, mais elle reste trop dispersée.
Réunions, voyages, déclarations et discussions stratégiques devraient créer un grand mécanisme bureaucratique absurde. Très souvent, ils rendent simplement le film extrêmement lent.
La voix off n’aide pas non plus. Il y a tellement d’explications et de commentaires ironiques que le film semble parfois nous expliquer lui-même pourquoi une scène devrait être absurde.
Et si l’humour ne fonctionne pas, il reste peu de choses auxquelles se raccrocher.
Pas assez de tension pour un véritable film de guerre.
Pas assez d’émotion pour un drame.
Et pas assez de comédie pour soutenir une satire.
C’est exactement la sensation que j’ai eue pendant une grande partie du film : je comprenais ce qu’il voulait critiquer, mais cela ne m’intéressait pas suffisamment.
Certaines scènes sont meilleures.
Lorsque le film abandonne la caricature pour montrer davantage les conséquences réelles des décisions militaires, il gagne immédiatement en force. La distance entre ceux qui organisent une guerre et ceux qui doivent la vivre devient alors beaucoup plus intéressante.
Mais cela arrive trop tard.
Techniquement, le film est solide et le casting est excellent. Le problème est que l’ensemble paraît bien plus séduisant sur le papier qu’à l’écran.
Peut-être que je l’aurais mieux apprécié un autre jour.
Mais un film doit aussi réussir à réveiller le spectateur.
Celui-ci n’y est pas parvenu.
War Machine veut raconter l’absurdité d’une guerre impossible à gagner et finit lui-même prisonnier d’une autre absurdité : une satire peu drôle, un film de guerre peu passionnant et une histoire dont je me suis trop souvent demandé où elle allait.
Brad Pitt fait beaucoup d’efforts.
Moi aussi.
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