Warfare
6.3
Warfare

Film de Alex Garland et Ray Mendoza (2025)

Voir le film

WARFARE (2025) : un chaos intime chez les SEALs – critique choc

🔴Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : https://youtu.be/cj2fm2tTLy8

🔴 Pour découvrir ma critique vidéo complète, copier/coller "cinéma sans fard + Warfare + Ray Mendoza" sur YouTube !

👉 Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun !🔴

Et s’ils n’étaient jamais revenus ? Pas les héros, non. Pas les fantômes non plus. Mais les corps. Les bruits. Les gestes. Hachés. Dissous dans une guerre sans cri, sans gloire, sans fin. Warfare, ce n’est pas un film. C’est une tension maintenue. Une mission en boucle. Une chambre d’attente sans fin, sans diagnostic.


Ray Mendoza filme ce qu’il connaît. Alex Garland ne l’éclaire pas. Il resserre. Il maintient. Unité de temps. D’action. Une nuit. Une maison. Quelques hommes. L’ennemi est flou. L’objectif aussi. Ce qu’on regarde, ce sont des visages qui cessent de comprendre. Ou qui n’essaient même plus. La guerre n’a pas besoin d’intention, juste d’exécution.


D’Pharaoh Woon-A-Tai est là, solide, mutique. Will Poulter aussi, les yeux vides, la mâchoire serrée. Pas de tir héroïque. Pas de sauvetage in extremis. Juste un micro qu’on pose. Un mur qui saute. Un cri qui ne vient pas. La guerre est technique, mécanique, psychique. Pas spectaculaire.


Et puis, les civils. La famille qu’on interroge à demi-mot. Présents. Tétanisés. Invisibles. Comme si le cadre refusait de leur rendre justice. Ou n’y parvenait plus. Le film ne les filme pas, il les traverse. Comme un vent sec.


Tout est filmé en temps réel, ou presque. Mais ce temps n’avance pas. Il tourne. Il attend. L’attente devient l’événement. Le hors-champ est roi. La tension est continue. L’action est floue. La guerre est là, mais elle n’a plus de forme. Elle ne choque même plus. Elle s’use.


Warfare, c’est ça : pas une leçon, pas un message, pas un manifeste. Une immersion. Une fatigue. Un silence qui dure plus que les balles. Et ce silence, c’est peut-être le vrai sujet du film. Ce qu’on fait quand on ne sait plus quoi faire. Quand on obéit par habitude. Quand la peur n’est même plus perceptible, tant elle est devenue norme.


C’est un cinéma qui ne veut pas convaincre. Il montre. Il attend. Il répète. Il n’offre ni apaisement, ni réponse. À la fin, on sort comme les soldats : sans savoir pourquoi on est entré.


Peut-être que c’est ça, le vrai coup de force. Ne pas faire pleurer. Ne pas faire vibrer. Juste poser la caméra au milieu du chaos. Et ne pas la bouger.

Le-General
7
Écrit par

Créée

le 22 juin 2025

Critique lue 69 fois

Le-Général

Écrit par

Critique lue 69 fois

D'autres avis sur Warfare

Warfare

Warfare

8

RobinTholet

249 critiques

Mordre la poussière : le manuel

Alex Garland persévère dans le film de guérilla urbaine après Civil War, mais opère un virage à 180° dans son approche. Nulle contextualisation géopolitique ici : le cinéaste décide d'immédiatement...

le 17 avr. 2025

Warfare

Warfare

6

cadreum

1050 critiques

On agit, on obéit, on survit et c’est tout

On n’entre pas dans Warfare comme dans un récit : on y tombe, parachuté, sans lumière, avec pour seul guide un groupe de soldats.Ici, ce n’est pas la guerre comme théâtre héroïque, mais la guerre...

le 10 mai 2025

Warfare

Warfare

6

Sergent_Pepper

3174 critiques

War Room

Alex Garland poursuit une carrière plutôt schizophrène : à l’écriture du nouveau volet de la saga zombie 28 ans plus tard, attendu dans l’adaptation pour A24 du jeu vidéo Elden Ring, il poursuit en...

le 20 juin 2025

Du même critique

Babygirl

Babygirl

3

Le-General

558 critiques

Cette obsession à vouloir faire du désir féminin une grande déclaration ...

_____Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes: https://youtu.be/sSVYyyi2ZPU👉 Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun ! ...

le 17 mars 2025

Juste une illusion

Juste une illusion

7

Le-General

558 critiques

Ce film va te ramener directement en 1985 (et ça fait bizarre)

Il y a des périodes qui ne s’oublient pas. Pas parce qu’elles étaient belles. Mais parce qu’elles étaient floues. Juste une illusion, c’est exactement ça. Un souvenir qui tremble. Nous sommes en...

le 15 avr. 2026