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le 24 nov. 2024
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La mode épuisante de la méchante qui était en fait une gentille incomprise en faisait un projet qui ne m’intéressais pas du tout.
Mais dès la scène d'ouverture avec ce Ding Dong the Witch is dead de kermesse on comprend que Chu a parfaitement cerné l'absurdité de son propre film.
Le coup de génie c'est Galinda. Dans n'importe quelle autre production Disney Channel ce personnage aurait été une peste secrètement surdouée ou une gentille fille au cœur d'or. Ici Ariana Grande incarne un vide intersidéral en robe de bal. C'est une bimbo absolue bête à pleurer dont l'unique talent est d'exister devant les autres. Les élèves l'adulent pour sa plastique les professeurs la méprisent pour sa vacuité. Et le film ne s'en cache jamais! Voir cette popstar surjouer l'idiotie sans jamais essayer de sauver les apparences de son personnage c'est d’un délice.
À côté d'elle l'univers tout entier est d'une incohérence fascinante. On se croirait dans une version sous acide de Poudlard où l'on force Elphaba à s'asseoir à un pupitre pour apprendre la magie. Jusqu'au moment où le scénario décide sans aucun avertissement d'enclencher le mode "Troisième Reich".
Soudainement le film nous parle de ségrégation et de fascisme institutionnel contre les animaux parlants (dont un professeur chèvre). Et c'est là que le film bascule de l'absurde au sublime. Face à l'arrestation arbitraire de son prof cornu Galinda décide de poser un acte de résistance majeur un coup d'éclat politique qui fera trembler l’oppresseur. Ele décide de retirer le "a" de son prénom. Galinda devient Glinda. Bam. Prends ça la dictature.
C'est d'une débilité tellement profonde que ça en devient de l'art. Et le pire c'est que la narration cadre prend soin de nous montrer que ce nouveau prénom sera respecté par tout le monde pour le reste de l'histoire. Une révolution par la suppression de voyelle.
Jon Chu filme ces conneries avec l'imagerie solennelle d'une fresque biblique. Il a conscience que tout est stupide mais il y va à fond les ballons. Il n'y a pas un gramme de cynisme là dedans. Tu te dis constamment que non ils ne vont pas oser aller jusque là. Et si ils y vont en chantant en plus.
Je pensais regarder ma montre toutes les dix minutes je n'ai pas vu passer les trois heures. C'est un divertissement populaire total et kitsch qui ne te prend jamais la tête mais qui respecte son spectateur en lui offrant un spectacle généreux de la première à la dernière minute.
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le 24 mai 2026
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