Après l’enthousiasme franc du premier volet, cette seconde partie de Wicked retombe naturellement sur un terrain un peu moins vertigineux. Moins d’effet wahou, moins de séquences vraiment transcendantes, et surtout moins de titres capables de rivaliser avec “Popular” ou l’incontournable “Defying Gravity”. Les nouvelles chansons, plaisantes mais plus sages, manquent de cette étincelle instantanément iconique qui donnait tant de souffle au premier chapitre.
Le récit, lui, se montre plus téléphoné. Quelques raccourcis scénaristiques, des scènes cousues un peu trop visibles, un liant parfois fragile… On sent que l’histoire avance de manière plus mécanique, presque en “morceaux”, même si l’envers du Magicien d’Oz demeure une idée grisante ,avec ses résonances en arrière-plan, puisqu’on n’est évidemment pas ici pour voir l’épopée de Dorothée. Le film force légèrement certains raccords, mais l’ensemble tient suffisamment la route pour maintenir l’affection du spectateur.
Techniquement, en revanche, difficile de ne pas reconnaître l’effort. Décors splendides, costumes somptueux, effets spéciaux et visuels globalement très soignés (malgré deux ou trois plans un peu datés), tout respire le soin et la dévotion. On sent une équipe qui croit à son univers, qui veut l’honorer, et qui y met de la texture, de la couleur, de la densité.
Le casting reste une bénédiction. Cynthia Erivo et Ariana Grande sont tout simplement excellentes, même si le scénario leur donne un peu moins à jouer. Les deux actrices habitent leurs rôles avec une aisance presque déconcertante : Erivo, avec cette gravité intérieure, déploie encore une fois une voix qui arrache le ciel quant à Grande, délicieuse de timing comique, offre une performance qui surprend par sa fraîcheur et son naturel. Si elle poursuit dans la voie du cinéma, cela pourrait devenir une vraie trajectoire. Leurs voix, leurs présences, leur alchimie, tout fonctionne.
Alors oui, Wicked : Part Two est moins harmonieux, moins brillant, moins marquant que son prédécesseur. Mais il garde une sincérité qui, elle, ne faiblit pas. On y sent le cœur, la passion et l’envie de bien faire. Et cette dimension-là, même imparfaite, finit par emporter l’adhésion.
Un petit 6.5/10 du cœur : imparfait, parfois maladroit, mais profondément attachant.
À découvrir, sans attentes démesurées, pour prolonger avec douceur la magie d’Oz.