Wind Chill est un petit film simple, et bien plus agréable à regarder qu’on pourrait le croire au départ. Ce n’est pas un grand film d’horreur, ni une œuvre particulièrement aboutie, mais il possède quelque chose qui fonctionne : le froid, la route, l’isolement et la sensation que le voyage tourne peu à peu mal. Parfois, il suffit de placer deux personnages dans un espace hostile pour que le suspense commence à respirer.
Le film est divertissant et se regarde facilement. Sa prémisse est très simple : une jeune femme partage une voiture avec un inconnu pour rentrer chez elle, le trajet se complique, la neige recouvre tout et ce qui semblait d’abord être une situation inconfortable devient quelque chose de beaucoup plus inquiétant. Il n’en faut pas beaucoup plus. Lorsque Wind Chill s’appuie sur cette gêne initiale, sur la méfiance entre les deux personnages et sur la menace du paysage, il fonctionne assez bien.
Emily Blunt est très bonne, comme presque toujours. Elle possède une présence naturelle qui élève le film même lorsque le scénario ne lui donne pas grand-chose. Elle n’a pas besoin de grands discours pour transmettre la fatigue, la peur ou la colère. Même dans un film modeste, elle nous donne envie de la suivre. Et oui, elle est aussi magnifique, mais l’essentiel est qu’elle avait déjà ce mélange d’intelligence, de fragilité et de force qui ferait plus tard d’elle une actrice beaucoup plus importante.
Ashton Holmes fonctionne également comme compagnon étrange, et pendant une bonne partie du film, le récit sait jouer avec le doute que nous avons à son sujet. C’est l’un de ses meilleurs atouts : tout ne dépend pas des fantômes ou des sursauts, mais de l’inconfort de voyager avec quelqu’un qui semble en savoir trop, qui n’inspire jamais totalement confiance et qui transforme la voiture en un espace de moins en moins sûr.
Le problème, c’est que Wind Chill ne garde pas toujours ce niveau. Il contient des moments réussis, une atmosphère glaciale assez efficace et quelques images inquiétantes, mais il traîne aussi un scénario irrégulier. La partie surnaturelle n’est pas toujours aussi forte que la situation de départ, et certains retournements semblent plus fonctionnels que vraiment surprenants. Le film paraît meilleur lorsqu’il suggère que lorsqu’il explique.
Malgré tout, il se laisse très bien regarder. Il a une durée raisonnable, une bonne atmosphère, une excellente protagoniste et une manière assez sobre d’aborder l’horreur. Il ne cherche ni l’excès ni le spectacle, mais une inquiétude plus sèche, plus austère. Il ne laisse peut-être pas une trace profonde, mais comme thriller surnaturel de route, il remplit sa mission. On passe un bon moment, on ressent le froid et, surtout, on confirme une fois de plus qu’Emily Blunt améliore presque tous les films où elle apparaît.