L’année 2006 se démarquera par l’excellente production de films d’horreur… Après le splendide « Fragile », l’inouï « La colline a des yeux » pour n’en citer que deux, voici venu tout droit du fin fond de l’Australie, Wolf Creek.
Ce premier film de Greg Mc Lean, tourné en 2004, nous étonne à plus d’un titre et s’affirme comme l’une des très bonnes surprises de l’année.
La narration franchement originale y est pour beaucoup. Car si l’idée de base part sur l’antithèse du héros de « Crocodile dundee » transformant un gentil bushman en un monstre psychopathe, ici toutes les conventions du genre sont écartées et le spectateur ne trouve aucun repère pour anticiper sur ce qui va se produire.
Le réalisateur prend l’option de nous familiariser longuement avec les victimes. On les discerne dans des scènes anodines savamment distillées et on se met à les apprécier véritablement. Malgré cela on sent que quelque chose de néfaste s’installe. Cet accompagnement en huis clos des personnages avant le drame, qu’affectionnait particulièrement Hitchcock, amène une tension tangible jusqu’au basculement inéluctable.
Tout s’inscrit dans cette perspective inquiétante ; les décors magnifiés par une lumière stylisée, la bande son piquante et tout en retenue, le jeu des acteurs surprenant…
Greg Mc Lean nous assène un film où le voyeurisme tout azimut est de mise, à son niveau, celui des personnages ou du nôtre. Il nous fait la démonstration également que l’on peut, malgré un budget très restreint, réaliser un excellent film dont les qualités pourraient en inspirer plus d’un mieux dotés et pourtant plus convenus !