Le lieutenant Frank Drebin enchaîne les gaffes professionnelles. Pour se racheter, il tentera de déjouer un complot visant la reine Elizabeth II.
Un Antidote Comique à la Mélancolie
Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? se dresse comme un monument de la comédie absurde, une œuvre salutaire et réjouissante qui, par son génie de la déraison, se révèle être le film idéal pour conjurer les coups de cafards les plus tenaces. C'est une pépite d’humour, foncièrement con, où les blagues, bien qu'elles ne soient pas toujours fort subtiles ni très élégantes, s'enchaînent avec une cadence effrénée et une inventivité désarmante.
Une Pastiche d'une Haute Sévérité
Le métrage tire sa force de l'art du pastiche. L'intrigue, issue d'un film noir d'une gravité hautement sérieuse, est agrémentée des pires bouffonneries, créant un décalage comique d'une efficacité redoutable. Le film n'hésite pas à juxtaposer l'enquête policière la plus pondérée à l'absurdité la plus totale, et c'est dans ce mélange des genres, dans cette collision de l'austérité et de l'extravagance, que réside son génie.
Leslie Nielsen : Le Hiérophante de l'Impassibilité
L'une des plus grandes réussites du film est sans conteste l'interprétation de Leslie Nielsen. L'acteur, dans son rôle de Frank Drebin, parvient à demeurer impassible, conservant un visage d'une solennité inébranlable malgré les situations capillotractées qui se déroulent autour de lui. Cette performance, d'une justesse comique parfaite, est le véritable ciment de l'œuvre. Le contraste entre le sérieux du personnage et la loufoquerie ambiante est la source de la plupart des éclats de rire. C'est une figure quasi mythologique de la comédie, un hiérophante de l'impassibilité qui a su faire de la rigidité un art.
Bref, c’est une œuvre incontournable du cinéma parodique. C'est un métrage qui, par son esprit déjanté et sa capacité à rire de tout, nous rappelle les vertus d'un cinéma qui ne se drape pas dans les oripeaux d’une gravité grandiloquente.