Smallfoot s’empare d’une thématique assez originale – soit la croyance mise à l’épreuve de la réalité – pour n’en faire qu’un divertissement bruyant et épileptique, gonflé par des chansons gonflantes et miné par un second degré dont l’inertie n’a d’égale que son omniprésence. Le long métrage ne tient pas en place et atteste un état d’énervement qui va croissant, empêchant toute poésie véritable de naître à l’écran, saupoudrant l’ensemble de bons sentiments qui ne disent rien des situations traversées et échouent à faire ressentir la souffrance de celui qui est exclu des siens, marginalisé en raison de sa différence. La partition que signe Heitor Pereira reste en retrait et n’affirme aucun parti pris musical un tant soit peu mémorable. L’animation, de qualité, et les multiples rebondissements, quoique téléphonés, rattrapent à peine un film sans identité et sans âme. Préférons largement le magnifique Abominable (Jill Culton et Todd Wilderman, 2019), dont les envolées poétiques continuent aujourd’hui de nous laisser rêveurs.