Yoroï
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Yoroï

Film de David Tomaszewski (2025)

L'art pas si raffiné de l'autofellation

Un film dans la même démarche autocentrée et auto-thérapeutique que Hurry Up Tomorrow, il y a juste l'exécution qui diffère. Hurry Up Tomorrow est une sorte de Misery surréaliste du pauvre bourrée d'autoréférences et de métaphores idiotes, tandis que Yoroï se présente plutôt comme un genre d'action-comédie fantastique bourré d'autoréférences et de métaphores idiotes. En fait, les deux films ne sont pas si différents et commencent quasiment de la même façon.


Le premier tiers de Yoroï se déroulant au Japon souffre de gros problèmes de pacing, de blagues pataudes et du jeu de poisson neurasthénique calamiteux d'Orelsan (en gros, le mec récite son texte de façon tout à fait amorphe durant tout le film et n'interprète jamais). Mais j'ai envie dire que c'est encore la meilleure partie parce qu'il y a un côté "tranche de vie" pas totalement déplaisant. Ensuite, deuxième tiers, les démons débarquent et ça devient un film d'action vraiment médiocre. Tous les combats avec les Yokai sont expédiés en grand max 30 secondes et s'embarrassent d'une illisibilité caractérisée. Ce qui rend ces séquences oubliables à la seconde. Peut-être David Tomaszewski voulait-il montrer le plus de créatures possibles ? Bah si c'est le cas, on se demande vraiment pourquoi (mention spéciale au Yokai politicard tricéphale particulièrement dégueulasse et semblant avoir été généré par IA). Et sinon, le Yokai incarnant sa petite voix ressemble à s'y méprendre à un zinzin de l'espace... Bref.


Enfin, le dernier tiers en France avec Orelsama est le mieux réussi au niveau des chorégraphies de combat. Le face à face final dans la zone m'a vaguement rappelé le duel entre Liu Kang et Shang Tsung dans le Mortal Kombat de 1995. Dommage que tout cela soit noyé dans un gloubi-boulga introspeco-métaphorique surexplicatif franchement pas nécessaire et des résolutions de conflits probablement dégotées à la page psychologie et bien-être de Marie Claire.


Au final, Orelsan s'en tire mieux que The Weeknd grâce à une certaine sincérité attendrissante et une réelle envie de bien faire ; mais tous le vrais cinéphiles ont conscience d'une cruelle vérité : Quelquefois le cœur ne suffit pas. Le film est définitivement trop mollasson et brouillon pour un film d'action, pas drôle pour une comédie (quoique j'ai rigolé 2 fois sur 200 blagues, c'est le double de ce que j'avais prévu) et est entravé par sa dimension tout public. On est clairement loin du niveau d'un Riki-Oh: The Story of Ricky (oui, j'aurais voulu un Yoroï en mode "Catégorie 3"), on arrive même pas à la cheville d'un action-comedy nanardesque d'anthologie comme City Hunter (1993) avec Jackie Chan.


PS : Personne ne me fera avaler qu'il n'y a aucune trace d'IA. I mean... Le Yokai politicard ? Le bébé ? Les fruits avec la face d'Orelsan ?

PPS : A la question "pourquoi es-tu allé voir un film centré sur un artiste que tu n'apprécies pas plus que ça ?", je réponds : Parce que j'aime voir des rêves de gosse qui se concrétisent.

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le 12 nov. 2025

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Tex_AS

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