Pendant près de deux heures Yugo Florida relate la vie monotone de Zoran, marquée par la routine, l'isolement, la pauvreté des relations sociales et affectives
Pour combler ce vide, ce quadra serbe échange des sextos avec une inconnue, effectue des tâches subalternes comme remplir les réfrigérateurs des plateaux de télé-réalité où le drame artificiel règne en maître.
L’inertie de la routine, la paralysie de la solitude, le repli sur soi dans les écran où il cherche des traces numériques d'amour plutôt que de le trouver dans la vie réelle, tout le conduit au sentiment lancinant que sa propre histoire est au point mort. Menant une vie de résignation silencieuse, Il a depuis longtemps renoncé à lui-même.
Dans ce contexte, le simple fait de partager une bière avec son père (dans des gobelets en carton) apparaît comme le plaisir le plus pur et le plus authentique du film.
Et lorsque son père aigri est diagnostiqué d’un cancer en phase terminale, le film expose la sombre réalité du système de santé serbe : des couloirs encombrés de patients sans soins et un accès aux soins uniquement par népotisme. Le film oscille entre désespoir et comédie absurde. Yugo Florida ne se contente pas de traiter de la solitude d'un homme, mais des systèmes – médicaux, familiaux, sociaux – qui l'exacerbent.
Le titre du film renvoie au modèle de la voiture paternelle, régulièrement et irrationnellement en panne, métaphore de la vie elle-même : imparfaite, imprévisible et parfois absurde.