Nous sommes au début des années 80, moment où la Chine amorce son entrée dans le monde moderne. Jouer pour le plaisir fait de l'opéra le symbole d'un mode de vie en voie de disparition.

Le vieux Han est concierge et homme à tout faire à l'Opéra de Pékin. Il fait du thé pour les acteurs, les remplace quand ils sont malades, les aide à se costumer, encourage les figurants et ferme le théâtre quand tout le monde est parti. Il a toujours pensé que la troupe ne pourrait fonctionner sans lui. Le jour de sa retraite, il se retrouve seul, sans occupation et constate rapidement que sa vie de retraité manque de charme.

Au hasard d'une flânerie il rencontre des retraités dans un jardin public qui jouent et chantent le répertoire de l'Opéra de Pékin. Han s'occupe alors de toutes les démarches pour former un club de retraités de l'Opéra de Pékin et trouve un local où les personnes âgées peuvent venir chanter, jouer et… se disputer. Han asticote la troupe, vitupère, enguirlande, se chicane avec un septuagénaire à la voix de donzelle et aux lubies de diva. Mais Han réalise enfin son rêve : tout organiser.

Clairement influencée par le cinéma occidental, la mise en scène de la réalisatrice NING Ying mêle étroitement documentaire et fiction, sous influence du néoréalisme. Sa caméra s’intéresse aux petites gens et suit des personnalités singulières dans les ruelles de terre de la capitale chinoise à l’ère du post-maoïsme. Les longs travellings de la caméra dans le vieux Pékin nous plongent directement dans l’atmosphère sans fards de la capitale. Les corps, les visages et les voix des vieux chanteurs sont filmés de manière attentive et totalement dépourvue de complaisance dans les rues, les parcs et les maisons décaties du vieux Pékin.

Une forme de cinéma du réel non dépourvu d’humour font de ce film une très recommandable entrée en matière à la trilogie de Pékin de NING Ying


kinophil
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le 1 févr. 2026

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