Au début du cinéma parlant, il était fréquent de voir des films avec beaucoup de passages chantés. C'est déjà arrivé avec Jean Gabin dans Coeur de lilas, et c'est pareil dans ce cas précis, qui est avant tout un véhicule pour Josephine Baker.
Gabin et Baker sont adoptés à leur enfance par un forain, qui en fait des phénomènes de foire en les faisant passer pour un frère et une sœur. Pensez donc ; en 1934, un frère blanc ET une soeur métissée, il y avait de quoi créer le scandale !
Sauf qu'au fil des ans, Baker, dit Zouzou, devient amoureuse de Gabin, dit Jean. Afin de l'impressionner et d'accomplir son rêve, elle va devenir danseuse en montant sur Paris, comme on disait autrefois...
Le film est assez curieux, mélange de passages joués et d'autres chantés, où chacun des deux acteurs principaux pousse la chansonnette ; Ah ! Viens Fifine et La Java des Marsiallo pour l'un et C'est lui, puis Haiti pour la danseuse américaine.
Par contre, je suis assez étonné de son audace, où on voit plusieurs femmes dénudées, où dévoilant un sein, ce qui ne devait pas être courant à l'époque ; plus tard, Le jour se lève fut censuré d'une scène identique. Mais il est clair que si le film reste, c'est plus pour les très nombreux passages chantés, surtout à la fin, où ce sont les vingt dernières minutes qui lui sont consacrés, prouvant également que Josephine Baker fut bien meilleure chanteuse qu'actrice, jouant de la même façon qu'elle faisait ses mimiques sur scène. Quant à Gabin, outre qu'il chante, il semble plutôt sur la réserve dans ce rôle de militaire, puis d'ouvrier qui restera indifférent aux sentiments de celle qu'on appelle sa soeur.
Il en reste un film anecdotique, tout du moins un objet de cur