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Codename 007
Depuis que j’ai retourné la dernière trilogie Hitman (environ 200 heures au compteur), je suis en mal d’infiltration sociale. Autant dire que lorsqu’il a été annoncé que le studio IO Interactive...
le 4 juin 2026
Tentons d'expliquer ce titre de parfait connard.
Evidemment, il serait injuste de résumer la proposition de IO Interactive pour le retour de James Bond dans le jeu vidéo à une simple casualisation bête et méchante de leur ADN.
Trop réducteur certes, mais force est de constater qu'ils n'avaient pas menti en déclarant finalement très peu de temps avant la sortie que ce jeu n'allait pas être une suite officieuse des récents Hitman.
On aurait pu aisément le croire pourtant, tant l'association James Bond x IO Interactive paraissait destinée.
La dernière trilogie Hitman, perfectionnée et chouchoutée ces dernières années avec un contenu sans cesse alimenté s'amusait à multiplier les références à l'ambiance et au ton de l'univers 007.
Jusqu'à proposer une mission bonus qui reprenait trait pour trait une séquence de l'excellent Casino Royale en guise d'avant-goût.
Sur le papier, on aurait pas pu rêver meilleur studio pour ressusciter le personnage qui n'aura jamais eu droit à une adaptation vidéoludique ambitieuse ces dernières années.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les premières heures sont absolument excellentes.
Que ce soit l'intro qui fait passer la pilule d'un chara design pas engageant de prime abord, ou le tuto extrêmement malin qui se dilue parfaitement dans la narration à l'aide d'un montage hyper rythmé.
Même la caractérisation des personnages secondaires, énorme faiblesse de la plupart des gros AAA est plutôt intéressante à l'image de Greenway, supérieur insensible au côté smart ass de Bond.
Les chapitres s'enchaînent de façon très plaisante avec en point d'orgue la mission dans un château en Slovaquie pendant un tournoi d'échec.
Une sorte de cocktail parfait (au shaker, attention) entre l'ADN mettant à l'honneur l'exploration façon Hitman et une dimension narrative inédite pour IO mais qui fonctionne très bien.
La fin du chapitre est moins surprenante pour ceux qui avaient suivi le reveal du jeu étant donné que la séquence Unchardesque avait déjà été montré, mais ça marche quand même.
On va être clair : si le jeu avait poursuivi cette dynamique avec la même ambition : c'était minimum 8/10.
Malheureusement, à l'image de RE Requiem, tout ce qui suit n'est que l'ombre de ces premières heures extrêmement maîtrisées.
On ne retrouvera jamais une map aussi travaillée que celle du château, ni un passage aussi spectaculaire que l'aéroport.
Même le petit sursaut vers la fin avec l'hôtel au Vietnam (proche de la mission Haven Island d'Hitman 2) paraît beaucoup trop cadenassé et symbolise le principal souci du jeu.
Soit, l'ambition est différente par rapport à Hitman, et par la même occasion un public ciblé assez différent, la pilule du game design très restrictif est quand même difficile à avaler...
Les gens plus positifs parviendront à faire la distinction, je l'entends, mais j'y vois personnellement une grosse régression concernant la confiance donnée aux joueurs.
Avec ce James Bond, j'ai trop souvent eu l'impression qu'IO s'est donné comme objectif prioritaire de jamais lâcher la main du joueur, presque terrifié par l'idée qu'ils passent à côté de la trame narrative mise en place.
Les quelques possibilités d'aborder une situation d'une façon différente sont la grande majorité du temps trop superficielles.
Le meilleur exemple selon moi c'est lorsque le jeu nous incite à écouter une conversation pour récolter des indices. Pas le choix, on doit passer par un script et se placer pile à l'endroit décidé. Même pour une mécanique aussi basique, ce James Bond n'enlève jamais les petites roues du vélo.
Les gadgets mis à disposition via la montre ont beaucoup de mal à trouver une utilité réellement fun sur toute l'aventure, excepté le tout dernier chapitre où ça devient open bar en permettant de pirater à peu près tout et n'importe quoi.
C'est très inspiré par Watch Dogs et même si l'usage reste sympa, on reste clairement sur notre faim.
Disons que ça manque clairement d'inventivité, le level design se délimite souvent en une zone assez petite et la réponse à une situation à résoudre est trop souvent littéralement à 3 mètres.
La vraie nouveauté c'est l'ajout d'un vrai système de combat pour le coup assez cool et punchy, même si la chope m'a trop souvent donné envie de me fracasser le pif avec la manette.
Il y a un petit côté Arkham pas pour me déplaire et c'est normal, le lead animator ayant bossé chez Rocksteady à la grande époque. L'interactivité avec le décor est également à souligner, aspect beaucoup trop rarement travaillé dans les jeux.
Dans l'ensemble on passe pas un mauvais moment mais un chapitre comme celui de l'infiltration dans l'entreprise tech qui met en danger le MI6 et le pays par la même occasion, est pas loin de concurrencer l'horrible section avec Atreus et Angmachin dans Ragnarok.
Une purge inexplicable qui vient complètement cisailler le rythme du jeu et incarne bien la cassure entre les premières heures et la suite.
La narration surprendra pas grand monde, les fans de James Bond seront contents de relever toutes les références nombreuses aux films.
J'ai presque envie de considérer la fin comme un petit aveu de la part d'IO, la promesse d'une suite est balancée sans l'ombre d'un doute.
D'un côté, je n'ai pas envie d'avoir une exigence mal placée, bosser sur une toute nouvelle licence en reprenant pas n'importe quel perso ne pouvait qu'inciter le studio à simplifier leur formule en la rendant bien plus cinématographique.
Malgré un manque d'inspiration criant dans la seconde partie, avec un game design qui ne dévie jamais de ses rails et un boss final bien ringard, il y a indubitablement un certain charme qui se dégage de ce projet.
C'est pas vilain visuellement dans l'ensemble, musicalement il y a pas de quoi se relever la nuit mais l'action est bien accompagnée et ce James Bond débutant fait bien le job.
On peut y voir une note d'intention plutôt réussie mais trop sage, qui servira de base solide à une suite qui doit être bien plus ambitieuse.
Avec 007 First Light, ils ont montré qu'ils savaient faire du gros AAA narratif, désormais il faudra mixer cela avec le véritable ADN du studio sans appuyer cette fois sur le frein de l'Aston Martin beaucoup trop souvent.
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il y a 10 heures
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